Le dépaysement – Voyages en France – de Jean-Christophe BAILLY

le dépaysement Bailly
432 pages – 23.30€

Parution : aux éditions du Seuil en 2011

Le style, le genre : récit de voyages en France, en 34 courts chapitres, conté dans une merveilleuse langue.

le dépaysement poche Bailly
504 pages – 8.30€

L’auteur : Jean-Christophe Bailly est né en 1949 à Paris. Il est docteur en philosophie et a longtemps dirigé la collection «Détroits» chez Christian Bourgois et une collection d’histoire de l’art chez Hazan. Il est auteur de pièces de théâtre et a publié une vingtaine de livres avant tout des essais mais aussi deux fictions (récits plus que romans), un journal de voyage (en Inde), des poèmes et de nombreux articles parus dans différentes publications. Il est également l’auteur de monographies sur des artistes contemporains et, plus récemment, d’un essai sur les portraits du Fayoum.
Jean-Christophe est à la croisée de plusieurs disciplines : l’histoire, l’histoire de l’art, la philosophie et la poésie. Il a notamment publié Le versant animal (Bayard, 2007), Jean_Christophe_BaillyL’Atelier infini (Hazan, 2007), L’Instant et son ombre (Seuil, 2008), ainsi que Le Parti pris des animaux et La Phrase urbaine (Seuil, 2013).
Le Dépaysement (Seuil, 2011) a reçu le prix Décembre 2011.

Les lieux : la France….

Le thème : « Le sujet de ce livre est la France. Le but est de comprendre ce que ce mot désigne aujourd’hui et s’il est juste qu’il désigne quelque chose qui, par définition, n’existerait pas ailleurs. » Ainsi commence Le Dépaysement. Mais pour répondre à cette question, à cette question d’identité, l’auteur, au lieu d’écrire un essai, a pendant trois ans parcouru le territoire, prélevant dans le paysage lui-même, sur le motif, les éléments d’une possible réponse. Les frontières, les rivières, les montagnes, les écarts entre nord et midi, mais aussi les couches de sédimentation de la conscience historique, ce sont tous ces éléments rencontrés en chemin qu’il restitue au sein d’un livre qui veut être avant tout la description d’un état de choses, à un moment donné. Cette « coupe mobile » fera donc passer le lecteur par une grande variété de lieux, des plus marqués par l’Histoire aux plus discrets, en même temps qu’il croisera quantité de noms et verra, mais sur pièces, se tendre les enjeux d’une question que l’actualité politique récente a fait resurgir, mais en la défigurant.

Mon avis : je suis tombée par hasard sur ce livre et la seule lecture des premières lignes de l’introduction ont suffi à aiguiser ma curiosité.
Que dit-il ? Qu’à la fin des années 70 séjournant à New-York et tombant par hasard sur la projection à la télévision (en v.o.) d’un film de Jean Renoir La règle du jeu, qu’il a pourtant déjà vu, il a « la révélation, à ma grande surprise, d’une appartenance et d’une familiarité. Ce que ce film tellement français, ainsi visionné à New-York, me disait à moi qui au fond n’y avais jamais pensé, c’est que cette matière qu’il brassait (avec la chasse, le brouillard, la Sologne, les roseaux, les visages et les voix – les voix surtout) était mienne ou que du moins, et la nuance qui ôte le possessif est de taille, je la connaissais pour ainsi dire fibre par fibre – mieux, ou pire : que j’en venais. (…) Toutefois, aussitôt que l’on a pu reconnaître dans le film de Renoir quelque chose de « tellement français », on s’aperçoit que ce que l’on manipule, par-delà l’évidence, voire la tautologie, demeure énigmatique. Qu’est-ce qui permet de dire cela, « tellement français » ? »
Dans les années 90, surpris par un paysage éclairé par une lumière d’or dans les monts du Lyonnais, sorte d’apothéose hivernale, l’idée lui vient de faire une liste de lieux dont il pouvait penser qu’ils lui réserveraient de telles surprises. Quand je vous aurai dit que c’est à partir de ces années-là qu’il devient enseignant à l’ENSNP (École nationale supérieure de la nature et du paysage) de Blois, vous comprenez mieux le projet personnel qui rejoint le projet professionnel.
Je ne vous citerai pas tous les endroits visités, 34 chapitres mais beaucoup plus de lieux, mais c’est sûr ceux que vous connaissez vous les verrez sous un autre angle : Gentilly, Toul, Culoz (il est sévère… mais je ne connais pas), Lorient, la résurgence de la Loue, Bibracte, dans les prés des bovins de France, Tarascon, etc.
Tout fait sens : la forme des maisons, les haies dans les champs ou leur absence, les gens, les œuvres d’art, les centre-villes, les marques au sol des grands conflits, les marques de l’Histoire, une passerelle, une gare, des légendes, …
Le fond est passionnant mais que dire de la forme ! une écriture magnifique, un bonheur en soi.

Pour résumer : j’espère que la question de départ vous aura, comme moi, assez intriguée pour partir à sa découverte… Les chapitres sont courts, ils permettent une lecture fragmentée, ce voyage en France m’a accompagnée avec bonheur dans mes trajets en métro pendant plusieurs semaines.

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