La forêt au Moyen Âge sous la direction de Sylvie BÉPOIX et Hervé RICHARD

la forêt au moyen âge
412 pages – 26.90 €

Parution : en octobre 2019 aux éditions des Belles Lettres.

Le style, le genre : essai historique collectif en trois parties : la forêt rêvée, la forêt utilisée, les forêts de plaine et les forêts de montagne. Premier du genre aussi exhaustif !
Des reproductions en couleur de qualité, des cartes, des diagrammes. Livre riche à tout point de vue.

Les auteurs :

Sylvie Bépoix
Agrégée, docteur en histoire médiévale, membre du laboratoire Chrono-environnement, Sylvie Bépoix enseigne à l’université de Besançon. Ses recherches concernent la détention de la terre. Outre de nombreux articles, on lui doit : Une cité et son territoire, Besançon en 1391, l’affaire des fourches patibulaires, 2010 ; Administration et gestion d’un domaine princier à la fin du Moyen Âge, le comté de Bourgogne sous Jean sans Peur, 2015.
Hervé Richard
Directeur de Recherche au CNRS au laboratoire Chrono-environnement, Hervé Richard a orienté son travail sur l’évolution des paysages forestiers et agricoles anciens. Ses recherches récentes s’effectuent au Groenland et en Croatie. Auteur d’environ 300 articles dans des revues de paléoécologie, d’écologie, de géologie, de préhistoire, d’archéologie et d’histoire, il a dirigé et co-dirigé de nombreux ouvrages.

la forêt au moyen age

Les lieux : la France mais aussi les pays limitrophes.

Le thème : voici une histoire de la forêt médiévale, des forêts de France et des contrées voisines, des 5e au 15e siècles. Une histoire qui place en regard de forêts légendaires, les forêts réelles, celles de la chasse et de l’élevage, celles du bois de chauffage et des bois de charpente utilisés dans les habitations et les cathédrales, celles indispensables à une industrie où fours, forges, verreries, salines se multiplient.la forêt au moyen age repro2.jpg.png
Une histoire qui rappelle comment, durant ce millénaire, les espaces cultivés s’étendent au détriment des forêts, dans quelle mesure les crises, conflits et épidémies accélèrent le processus ou le ralentissent, ou encore pourquoi il est nécessaire de créer des institutions chargées de gérer les espaces forestiers.
Inédit en son genre, ce Tour des forêts est mené par des spécialistes de disciplines peu, voire pas représentées habituellement dans les ouvrages historiques (archéologie, palynologie, ou dendrochronologie), et met en forme des données à la pointe de la recherche. Spécialistes de littérature médiévale, linguistes, juristes, historiens des religions et des institutions, archéologues, spécialistes de la végétation ancienne, de la construction des cathédrales, du transport du bois, des mines, de la production de la chaux, de la poix, du sel, etc. ont œuvré à donner le panorama le plus complet de la forêt médiévale et ainsi offrent un ensemble qui ne s’était encore jamais fait sur ce sujet.
Grâce à cette somme foisonnante et richement illustrée, chacun pourra se faire une idée précise de l’évolution de « sa » forêt, celle qui lui est proche, qu’il parcourt parfois, et qui aujourd’hui fait pleinement partie de son quotidien.

Mon avis : ce livre est un monument, pour l’apprécier il faut aimer l’histoire et aimer la forêt, si ces deux conditions sont réunies vous allez comme moi être passionné(e) pendant quelques semaines.
la forêt au moyen age repro3.jpg.pngVous apprendrez les dénominations à travers le temps du mot forêt dans les textes qui caractérisent chaque usage : la silva, les forestes, les breuils, les garennes, la haulte forest, les bois revenans, etc.
Vous saurez tout sur les taillis, les futaies, les taillis sous futaie, les différentes essences et vous vous apercevrez que les paysages forestiers que nous connaissons aujourd’hui n’ont plus beaucoup de rapport avec ceux du moyen-âge. Que font les résineux dans le Morvan ou dans les Landes ?
Dans un premier temps les chercheurs posent le sujet à travers une promenade très joliment illustrée dans la littérature médiévale et l’hagiographie. La forêt lieu de tous les fantasmes, de toutes les peurs mais aussi un lieu magique où celui qui s’y aventure n’est pas le commun des mortels.
Quelques étapes marquantes.
Au cours du 7e siècle la reprise des activités agropastorales se dessine et par conséquent des ouvertures dans l’espace forestier. La forêt devient lieu d’exploitation du bois pour la construction des fermes, des granges monastiques ou laïques qui s’y installent ; lieu nourricier, on l’a oublié mais la forêt est aussi et surtout un lieu d’élevage à travers les enclos de pâture.
« Très différentes de la forêt contemporaine, les forêts du Moyen Age offrent à profusion une vaste diversité d’arbres fruitiers, de baies, de champignons, de racines ou de fougères. »

À partir des 11e – 12e siècles c’est l’amplification des défrichements accompagnés d’un essor technique et démographique, les activités artisanales sont de grandes la forêt au moyen age repro4.jpg.pngconsommatrices de bois.
Après la peste noire de 1348 et la guerre de Cent ans, l’Europe perd de 30 à 50 % de sa population, la forêt regagne du terrain.
Au 18e siècle les forges, les salines et les verreries installées dans les espaces sylvicoles sont passées au stade quasi industriel.
« Comment s’étonner alors qu’à la veille de la Révolution, le bois soit le produit dont le coût augmente le plus en France. De fait il a connu un renchérissement de 91 % au cours du siècle en raison de sa raréfaction ! Et la tendance durera jusqu’à ce que le charbon de terre prenne la relève dans la seconde moitié du 19e siècle. »

Chacun pourra trouver dans les différents chapitres des zones d’intérêt thématiques ou régionaux : des études sur les bois de construction des cathédrales, sur les bois utilisés pour les fours des potiers, les fours à sel dans le Jura, sur les quantités astronomiques de bois utilisés par les charbonniers.
Une place particulièrement importante est consacrée à plusieurs massifs forestiers : la forêt du Morvan, des Vosges, de la montagne jurassienne, des Flandres, des Ardennes et du centre Est de la France, ainsi que les forêts méditerranéennes et des Pyrénées.
« Nous savions que l’espace forestier médiéval avait été abondamment transformé, utilisé et réduit. L’analyse des sources écrites permettait d’appréhender la réalité de forêts de cette époque, de percevoir l’imaginaire, la symbolique, la crainte qu’elle générait. Nous pouvions également en approcher les maintes exploitations et les modes de gestion. Nous avons voulu aller au-delà de l’étude des textes en intégrant à cet ouvrage les conclusions des démarches archéologiques et paléo-environnementales. »

Pour résumer : même si la matière est foisonnante l’essai est très aisé à lire si, bien sûr, on est motivé 😉.

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Marcorèle dit :

    Merci pour cette chronique forestière.

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