L’anomalie de Hervé LE TELLIER

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336 pages – 20 €

Parution : en juin 2020 dans les éditions Gallimard.

Le style, le genre : à la fois thriller, roman fantastique, philosophique, métaphysique. Chaque personnage fait l’objet d’un chapitre puis l’ensemble se mêle.

L’auteur : Hervé Le Tellier est un écrivain français né le 21 avril 1957. Auteur de romans, nouvelles, poésies, théâtre. Il a été coopté à l’Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle) en 1992 (simultanément au poète allemand Oskar Pastior), et a publié sur l’Ouvroir un ouvrage de référence : Esthétique de l’Oulipo. Il participé à l’aventure de la série « Le Poulpe », avec un roman, La Disparition de Perek , adapté également en bande dessinée. Mathématicien de formation, puis journaliste — diplômé du Centre de formation des journalistes à Paris (promotion 1983) il est linguiste et spécialiste des littératures à contraintes. Éditeur, il a fait publier plusieurs ouvrages au Castor Astral comme What a man ! de Georges Perec, et Je me souviens de « Je me souviens » , de Roland Brasseur. Il a collaboré à l’émission de France Culture « Les papous dans la tête ». Il reçoit le prix Goncourt 2020 pour ce roman.

Les lieux : États-Unis d’Amérique, France, Afrique.

L’histoire : «Il est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance, l’intelligence, et même le génie, c’est l’incompréhension.» En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris-New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte. Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai.

Mon avis : c’est un drôle de roman, car si le début commence un peu comme un thriller, comme une de ces séries devenues addictives sur Netflix ou ailleurs, il se poursuit par un entremêlage de réflexions sur la nature de l’Humanité, divine ? mathématique ? ou seulement atomique, moléculaire, sommes-nous réels ? Ce qui explique mon ressenti, je suis passée par plusieurs états. Au début je navigue dans une sorte de thriller avec les chapitres mettant en place les personnages : il s’est passé quelque chose dans cet avion mais quoi ? Là je me suis demandé si un tel roman (même bien écrit) méritait un Goncourt… Puis à partir de la scène où tous se retrouvent dans le hangar de l’aéroport je me suis fait cueillir par la révélation de « l’événement » qui m’a plongée alors dans une autre dimension (c’est le cas de le dire), une réflexion qui part tout azimut. Peut être un peu trop compte tenu des seulement 330 pages du roman, j’aurais aimé des développements plus longs sur certains personnages mais apparemment ce sont plus les situations des protagonistes qui sont mises en avant plutôt que les aspects psychologiques des personnages. Ca part dans tous les sens mais c’est le parti-pris de l’auteur, il veut nous déstabiliser, il y réussit, on accroche ou non…

Quelques lignes par ci par là sont quelquefois drôles, on peut y identifier des personnages réels, comme ce président américain qui présente  » une forte ressemblance avec un gros mérou à perruque blonde 😊 ».

Pour résumer : une impression globale de lecture tout de même favorable, il faut se laisser emporter par cette histoire extraordinaire.

4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Ian Myn dit :

    Ni fantastique, ni métaphysique, ni philosophique. Roman réaliste adapté au goût du jour, à savoir tous les stéréotypes nécessaires pour remporter l’adhésion d’une minorité agissante. J’en cite quelques uns : la violence, la maladie, le couple insatisfait, la célébrité, le sexe, l’homosexualité, l’inceste, le transhumanisme … Quant à la fameuse « anomalie » (anagramme de « la moniale »), elle ne fait pas mouche. L’auteur n’a pas su en faire le catalyseur d’une transformation objective (dans le discours littéraire), ou subjective (dans la psychologie des personnages). La SF n’est décidément pas un genre à la portée des écrivains français.

    1. anniemots dit :

      Bonjour j’ai pu avoir au fil de ma lecture quelques-unes des impressions que vous donnez mais je suis moins sévère et surtout je ne m’attendais pas avec ce livre à lire un livre de SF, pour cela je vais me rabattre sur le 3e volume du Problème à 3 corps , trilogie que je recommande 🙂
      Bonne journée

  2. Ian Myn dit :

    Bonjour, l’argument (l’Anomalie) se réfère à la SF. Partant de là, il faut une grande habileté pour savoir le traiter. Pouvez-vous supprimer le premier commentaire SVP ? Merci et bon week end.

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