Danser les ombres de Laurent GAUDÉ

danser les ombres gaudéParution : en janvier 2015 chez Actes Sud, en format poche dans l’édition Babel en août 2016.

Broché : 256 pages 19.80 €      Poche : 256 pages   7.80 €

Le style, le genre : roman français rendant hommage à Haïti, ses mystères, sesdanser les ombres poche gaudé souffrances, sa beauté. Un rien de surnaturel enveloppe l’ensemble, vaudou oblige.

L’auteur : Laurent est né le 6 juillet 1972 à Paris. Il fait des études de Lettres Modernes et d’Études Théâtrales à Paris. C’est à l’âge de 25 ans, en 1997, qu’il publie sa première pièce, Onysos le furieux. En 2001, âgé de 29 ans, il publie son premier roman, Cris.
Laurent Gaudé a reçu en 2002 le prix Goncourt des lycéens et le prix des libraires pour La Mort du roi Tsongor, puis le prix Goncourt en 2004 pour son roman Le Soleil des Scorta. Il fait partie des auteurs français contemporains les plus lus dans le monde.

Les lieux : Haïti.

L’histoire : En ce matin de janvier, la jeune Lucine arrive de Jacmel à Port-au-Prince pour y annoncer un décès. Très vite, dans cette ville où elle a connu les heures glorieuses et sombres des manifestations étudiantes quelques années plus tôt, elle sait qu’elle ne partira plus, qu’elle est revenue construire ici l’avenir qui l’attendait. Hébergée dans une ancienne maison close, elle fait la connaissance d’un groupe d’amis qui se réunit chaque semaine pour de longues parties de dominos. Dans la cour sous les arbres, dans la douceur du temps tranquille, quelque chose frémit qui pourrait être le bonheur, qui donne l’envie d’aimer et d’accomplir sa vie. Mais, le lendemain, la terre qui tremble redistribue les cartes de toute existence…

Mon avis : Laurent Gaudé est vraiment surprenant, il nous emporte à chaque roman dans des univers différents. Cette fois c’est à Haïti qu’il pose sa plume pour nous faire découvrir ce que sont les quartiers et les rues souvent sales et dangereux, les marchés, les arènes lieux des combats de coqs, la proximité entre les vivants et les morts à travers le vaudou. Dans ce décor qu’on a envie d’aimer malgré un désespoir et une violence latente, des gens de toute sorte se rencontrent, se sont aimés ou affrontés tel ce chauffeur de taxi ancien tortionnaire des sombres années Aristide qui rode autour de Fessou Verte (l’ancien bordel où règne encore Prophète Coicou). Saul est un personnage marquant, il est le batard d’une femme de chambre et du très riche Raymond Kénol, de ce fait il est un pont entre la rue et les milieux favorisés de Haïti. Les face à face entre Saul et Viviane, la veuve de raymond sont puissants !

Et puis le séisme majeur qui chamboule toutes les promesses et qui révèlent la fraternité. Il y a, selon les mots de Laurent Gaudé que vous lirez plus bas, la beauté de ceux qui luttent. Il a réussi son pari, nous faire vibrer et nous faire se sentir en osmose avec tous les personnages.

“À Port-au-Prince, le promeneur est sans cesse bousculé d’un sentiment à l’autre. La laideur, la violence, les détritus, le désespoir, tout cela côtoie, touche, embrasse le sourire, la grâce, la dignité. Il y a dans cette ville une tension, un rythme qui m’a fasciné parce qu’il fait écho à celui de ma phrase. Tout est sec et rapide et en même temps l’épopée et le lyrisme ne sont jamais loin. Tout va vite à Port-au-Prince. Le bruit est partout. Le chaos vous saute au visage. Mais la réalité désamorce sans cesse vos attentes et vous offre, au moment le plus inattendu, un instant de grâce. J’aime ces mariages des extrêmes. Tout est là. Tout est possible. Et puis, il y a le peuple de Port-au-Prince qui fait, chaque jour, un effort prodigieux pour vivre. Car rien n’est simple, rien n’est aisé. C’est cela que je veux faire entendre dans mon roman : le rythme de Port-au-Prince. Sa frénésie permanente.
J’ai écrit Danser les ombres pour raconter la vie courageuse, têtue, obstinée, de ces hommes et de ces femmes qui luttent chaque jour contre la dureté de la vie. Lucine, Saul et tous les amis qui fréquentent l’ancien bordel chez Fessou s’accrochent à cette idée : construire une vie animée par le désir. S’affranchir de la nécessité. Être libre et, pourquoi pas, heureux.
J’ai écrit Danser les ombres pour parler du séisme, de cette force qui vient mettre à bas la vie des hommes et les laisse démunis, nus. Mais j’ai écrit Danser les ombres, surtout, pour faire ressortir la beauté de ceux qui luttent, même petitement, même dérisoirement, ceux qui s’arcboutent pour rester debout, ceux qui continuent à croire à la fraternité et à la possibilité de l’amour. ”

 Pour résumer : rien à jeter chez Laurent Gaudé, tout est à lire avec délectation.

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. lorenztradfin dit :

    Je n’avais pas trop aimé à l’époque. Là, en faisant mes cartons pour un déménagement, je l’ai même mis à disposition dans les « boites à li(v)re(s) » de Grenoble

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