Constellation d’Adrien BOSC

Constellation

Parution : aux éditions Stock en août 2014 et au Livre de Poche en août 2015.

Les lieux : Aéroport d’Orly, Les Açores, et au fil des histoires des passagers : Casablanca, Paris, New-York, Mulhouse, Pays Basque, etc.

L’auteur : Adrien Bosc est né le 20 janvier 1986 en Avignon. Après un échec au concours de Normale Sup en philosophie, il s’inscrit en master de Lettres et en master d’édition. C’est tout naturellement qu’il devient éditeur et qu’il fonde les Editions du Sous-Sol, il fonde également deux revues, Feuilleton et Desports. Constellation est son premier roman, il obtient en 2014, entre autres, le grand prix de l’Académie française et le prix littéraire de la vocation. Si vous voulez en savoir plus sur l’auteur je vous recommande la lecture en ligne de l’excellent entretien de novembre 2014 du Magazine Littéraire.

Il vit aujourd’hui à Paris dans le 11e arrondissement.

L’histoire : Alors qu’Edith Piaf n’espère qu’une chose le retour de son amour à New York et que les Américains attendent la tournée d’une musicienne prodige avec impatience, l’avion Lockheed Constellation qui fait la liaison entre Paris et New-York s’écrase le 27 octobre 1949 sur le Pico de Vara, une montagne de l’île de Sao Miguel, dans l’archipel des Açores. Les deux personnalités à bord de cet avion vont éclipser la disparition des 47 autres. Les décès de Marcel Cerdan, un boxeur (il faut préciser car parmi mes jeunes lecteurs aucun ne le connaît…) et de Ginette Neveu, une violoniste célébrissime (oubliée elle aussi même chez les moins jeunes…) vont accaparer tous les médias de l’époque.

En une alternance de chapitres Adrien nous fait revivre les circonstances de l’accident et des bribes de vie de quelques-uns des passagers de première et de seconde classes : Marcel Cerdan et Ginette Neveu bien évidemment mais aussi le pilote, plusieurs hommes d’affaires, une ouvrière originaire de la cité du puits Amélie près de Mulhouse qui vit un conte de fée, des bergers basques voulant tenter leur chance en Californie, une mère venue à Paris pour ramener sa fille accidentée à Cuba, un brasseur français parti se réconcilier avec sa femme américaine, etc.

Adrien ne nous épargne pas le sordide : le pillage de l’avion écrasé au sol par les villageois de l’île avec la disparition du violon de Ginette et puis les cafouillages sur l’identité des morts (les familles auraient apprécié les progrès de la science avec l’identification par l’ADN). Il nous conte aussi, renforçant le mythe Cerdan, la prédiction d’Arista un célèbre chiromancien : « Evitez de voyager dans les airs surtout le vendredi. »

Mon avis : Après avoir plongé dans la noirceur du Roi des Aulnes, la lecture de Constellation m’est apparue beaucoup plus légère, comme une distraction, malgré le thème du livre. Il est vrai que cet accident n’en est plus vraiment un, il est passé à la postérité, devenu un mythe tant par ses circonstances que par les passagers qu’il a concernés. Les histoires individuelles sont attachantes et la lecture agréable.

Ce que l’auteur nous montre dans ce court roman c’est la perversité du hasard (l’un manque l’avion, l’autre ne devait pas le prendre), l’enchainement de circonstances et de coïncidences qui mène au tragique, le Destin quoi !

« Quel diable s’est ingénié à faire concorder autant d’erreurs jusqu’à un impact aux probabilités nulles ou presque ? Ce « presque » au centre de toutes les attentions, ce hasard dont il faut dénouer les ramifications pour l’extraire de la fatalité. »

Jusqu’à Edith qui avait poussé Marcel à changer son billet de départ en bateau pour l’avion alors pourtant qu’elle avait la phobie des avions, et, à ses amis qui, essayant de la rassurer, lui affirmaient quand elle avait un vol à prendre que son heure n’était pas venue, elle répondait par un mot d’esprit : « Et si c’était l’heure du pilote ? »

Pour résumer : Le succès de ce roman tient autant au sujet traité qu’à la qualité de l’écriture, j’attends le prochain avec impatience. Je le conseille à tous les publics, même si connaître les personnages apporte un supplément d’âme au plaisir du texte.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Harry dit :

    J’ai lu ce roman il y a longtemps mais il est resté gravé dan ma mémoire. Sans doute un peu à cause de la couverture bleu marine, mais aussi à l’histoire de ce couple de légende. J’ai bien aimé la façon dont l’auteur écrit. Tout est limpide et coule de source. D’une histoire de couple, il arrive à faire de cahque passager un autre destin. Chacun a aussi sa petite histoire et c’est souvent lorsque les gens disparaissent trop tôt, que els choses sont « inachevées » que l’on se prend à imaginer ce qu’une suite aurait pu donner.

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