Le manuscrit perdu de Jonah Boyd de David LEAVITT

Parution : en 2005 dans les éditions Denoël. Parution en 2008 dans l’édition de poche 10/18 (il ne semble plus être disponible en poche, quel dommage !). Traduction de l’anglais (américain) par Philippe Rouard.

Broché :   272 pages – 20.30 €   Poche : 269 pages

Le style, le genre : une satire sociale et psychologique, un roman à suspense en filigrane. David a fait partie de la « Literary brat pack » (bande des morveux littéraires), tout comme Bret Easton Ellis, Jay McInerney et quelques autres, se caractérisant par un style minimaliste.

L’auteur : est né le 23 juin 1961 à Pittsburgh (USA). Après des études de littérature anglaise à l’université de Yale il devient professeur d’université puis écrivain en 1986 avec un premier roman Le langage perdu des grues (traduit en français en 1988 chez Denoël). Il n’est pas sans intérêt de mentionner que pour son troisième roman While England Sleeps (1993 et remanié en 1995) qui, à ma connaissance, n’est pas traduit, un écrivain anglais le poursuivra en justice pour des « pages volées ». Il écrit également des recueils de nouvelles, L’art de la dissertation, Le cottage perdu, etc.  Son dernier ouvrage paru en français date de 2009, Le comptable indien (Denoël).

Les lieux : une ville américaine de Californie et son campus.

L’histoire : Wellspring, une de ces petites villes universitaires dont l’Amérique a le secret, à la fin des années soixante. Le professeur en psychologie Ernest Wright et son épouse accueillent pour leur traditionnel repas de Thanksgiving Ann Armstrong, une vieille amie, et son nouveau mari, l’écrivain Jonah Boyd. À la fin du repas, Jonah Boyd lit quelques pages de son prochain roman, qui s’annonce comme son œuvre maîtresse. Or celle-ci ne verra jamais le jour : les carnets de l’écrivain disparaissent mystérieusement le lendemain, et l’existence des convives s’en trouvera à jamais bouleversée…

Mon avis : j’ai dévoré ce livre, longtemps que je n’avais plus lu un roman américain. Il m’a évidemment fait penser aux écrivains anglais qui se sont régalés des mœurs universitaires anglaises d’Oxford (je pense bien sûr à David Lodge). Ici c’est dans une petite université américaine, sans réelle aura, que des événements lors de la fête de Thanksgiving de 1969 nous sont rapportés par Judith Denham, que tous appellent Denny, trente ans après que les faits se sont déroulés. Denny est une secrétaire, pas n’importe laquelle celle d’Ernest au département de psychologie. Pourquoi est-elle si présente, je vous laisse le découvrir.

Entre la dinde et la tarte à la citrouille nous faisons connaissance avec Ernest et sa femme Nancy, d’Ann une amie de Nancy et de son mari Jonah Boyd. Il y a aussi deux étudiants d’Ernest qui font partie du groupe des enfants perdus (qualificatif inventé pour les étudiants qui ne rentrent pas chez eux pour les fêtes et qui restent sur le campus) deux des trois enfants Wright, Mark et Ben et … Denny.

Les révélations successives sur les évènements de ces quelques jours nous tiennent en haleine, elles montrent tout des mœurs universitaires. Le récit gagne beaucoup à être rapporté par ce personnage féminin qui regarde les uns et les autres de côté, on ne lui accorde qu’assez peu d’importance, ce qui fait qu’elle voit tout, ou presque.

Pour résumer :  ironique, drôle, caustique, lucide sur le travail de l’écrivain et de l’éditeur,  sur la vie sur les campus et sur les relations familiales. Vous allez apprécier ce roman !

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