Longue marche de Bernard Ollivier

 

Parution : en 2001, 2002 et 2003 chez Phébus puis en format poche Libretto en 2005. Il y en a en occasion (des piles) chez Gibert Joseph à 5 euros…

Le style, le genre : récits de voyages vécus par l’auteur

L’auteur : Bernard est né en 1938 dans la Manche. Il vit aujourd’hui dans l’Eure. Fils d’un ouvrier granitier, il arrête l’école à seize ans, tâte d’un peu tous les boulots – terrassier, docker, garçon de restaurant, représentant, professeur de gymnastique. Il passe son bac alors qu’il n’est pas loin d’atteindre la trentaine et décroche dans la foulée (façon de parler) le diplôme de l’Institut de Formation des Journalistes. Comme beaucoup d’autodidactes, c’est un dévoreur de livres (histoire surtout : Braudel est son dieu). Bernard_Ollivier_par_Claude_Truong-Ngoc_octobre_2015Le fils du carrier sera pendant quinze ans un journaliste politique plein de curiosités et de talents (A.C.P., Paris Match, Combat), et pendant quinze ans encore un chroniqueur économique ou social écouté (Première chaîne, Le Figaro, Le Matin) ; c’est aussi un scénariste à l’occasion, qui s’offre même le luxe de quelques succès. D’autres en auraient profité pour s’acheter sur le tard une jolie paire de pantoufles. Sa retraite le rend à la solitude : et à la route, qu’il a toujours pratiquée sans faire de bruit. Tuberculeux à dix-huit ans et craignant d’y laisser la peau (comme un de ses copains d’alors), il pratique le sport avec fureur et y retrouve la santé. Il ne cessera ensuite de trotter, quand son métier lui en laisse le temps : une vingtaine de marathons (dont celui de New York), quelques courses de 100 km, une participation aux « Foulées de la Soie » (de Kashgar à Pékin) et, voici deux ans, à titre de mise en jambes en attendant mieux, une virée jusqu’à Compostelle – 2325 km en trois mois. Il lui arrive aussi d’aider les autres à trotter : il fonde une association (« Seuil ») qui se donne pour but de remettre les jeunes délinquants sur le bon chemin. par la marche ; tout candidat à ce nouveau mode de réinsertion s’engage à accomplir au minimum deux mille kilomètres à pied en pays étranger. De quoi vous changer un bonhomme.
(Source : éditions Phébus)

Les lieux :  Turquie, Iran, Turkménistan, Ouzbékistan, Asie centrale, Chine.

Le thème : Bernard décide de partir avec son sac (puis aidé par Evni), c’est tout, pour une promenade de quatre ans. Jusqu’à Xian en Chine : 12 000 km de route – de piste surtout, et de mauvais sentiers parfois, quand il est possible de tailler un raccourci par la montagne. Ses (grands) enfants ont un peu cherché à le retenir, pas beaucoup : il a toujours eu la réputation d’un têtu qui ne renonce pas facilement à ce qu’il a décidé. Veuf et retraité, mais toujours en attente de quelque chose qui pourrait venir et qu’il serait indigne de manquer…

Mon avis : si vous aimez les voyages hors des sentiers battus ou si vous ne pouvez pas voyager très loin pour différentes raisons, je vous conseille vivement ce petit bijou en 3 volumes et je ne vais pas attendre d’arriver au bout de mon périple par procuration pour vous parler de cette trilogie : un récit de voyage passionnant qui nous conduit de Turquie jusqu’en Chine sur la route de la soie. A l’heure où j’écris la chronique des deux premiers je viens de venir à bout du désert du Karakoum, et ses bestioles terribles, en Ouzbékistan et j’arrive à Samarcande.
Après avoir traversé la Turquie et l’Iran et après avoir fait des rencontres à la fois merveilleuses et dangereuses il nous emmène dans un voyage que peu de personnes tenteraient ; il ne se qualifie pas de héros  car la peur est toujours là qui lui permet de prévoir et d’éviter toute erreur de jugement ou d’attitude quant aux populations et aux situations rencontrées.
La marche vers Samarcande est fébrile « Au matin, je repars très tôt, trop tôt pour le lait et le petit déjeuner. J’ai le feu aux semelles. Vers 10 heures je m’arrête dans une gargote qui sera l’avant-dernière de mon parcours cette année. (…) A 17h30, ce 13 septembre, je marche le nez sur le bitume à petit pas pressés lorsque je relève la tête. Un champignon de béton de la taille d’un château d’eau, surmonté d’un énorme macaron aux couleurs du drapeau ouzbek, me nargue au bord de la route, affichant en lettres majuscules SAMARQAND. Jambes coupées, je lâche EVNI et m’assieds sur le trottoir de ciment qui borde la route. Voilà quatre mois, exactement cent vingt jours, que je suis parti de Dohoubayezit. Deux mille sept cent quarante-cinq kilomètres…»

Pour résumer : Quant à savoir pourquoi il persiste à aller ainsi, chaque fois un peu plus loin. Il ne sait trop. On lui a posé cent fois la question, elle l’embarrasse toujours. Peut-être a-t-il écrit ce livre pour essayer d’y répondre. Ou pour se convaincre qu’il n’y avait rien à répondre.(entretien Phébus)

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