Humus de Gaspard KOENIG

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humus de gaspard koenigParution : en août 2023 dans les éditions de l’Observatoire.

Broché : 380 pages – 22 €

Les lieux : à Paris, en Normandie.

Le style, le genre : roman qui traite de problèmes contemporains : écologie, nouvelles technologies, confrontation des valeurs anciennes et traditionnelles, choix de vie.

L’auteur : Gaspard Kœnig est né en 1982 à Neuilly sur Seine. Il est philosophe de formation (ENS et agrégation), il se définit comme un philosophe engagé, centriste libéral. Il enseigne la philosophie pendant un an à l’université Lille 3. En 2007, il entre au cabinet de Christine Lagarde pour écrire ses discours. Il suit la ministre lorsqu’elle devient ministre de l’Économie. Ensuite c’est la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd). Sa tentative électorale n’est pas couronnée de succès (législatives en 2012 dans la 3e circonscription des Français de l’étranger). Il est l’auteur d’une douzaine d’essais et de romans et fondateur du mouvement SIMPLE, club de réflexion et de proposition libéral.gaspard-koenig

L’histoire : Deux étudiants en agronomie, angoissés comme toute leur génération par la crise écologique, refusent le défaitisme et se mettent en tête de changer le monde. Kevin, fils d’ouvriers agricoles, lance une start-up de lombricompostage et endosse l’uniforme du parfait transfuge sur la scène du capitalisme vert. Arthur, enfant de la bourgeoisie, tente de régénérer le champ familial ruiné par les pesticides mais se heurte à la réalité de la vie rurale. Au fil de leur apprentissage, les deux amis mettent leurs idéaux à rude épreuve. Du bocage normand à la Silicon Valley, des cellules anarchistes aux salons ministériels, Gaspard Kœnig raconte les paradoxes de notre temps – mobilité sociale et mépris de classe, promesse de progrès et insurrection écologique, amour impossible et désespoir héroïque… Une histoire de terre et d’hommes, dans la grande veine de la littérature réaliste.

Mon avis : j’ai passé un agréable moment de lecture, une trame romanesque et une réflexion sur notre époque : c’est un bon tandem. Il met l’accent sur la somme des contradictions humaines entre désir de réussite, convictions personnelles et nécessités du siècle. Les idées et volontés de ces jeunes diplômés sont lumineuses mais à l’épreuve de la nature elles ont bien du mal à se concrétiser.

Vous verrez, si vous lisez ce livre, que les parties descriptives consacrées aux vers de terre sont conséquentes. Il était temps de traiter en héros ces travailleurs de l’ombre, première biomasse animale terrestre.

Vous apprendrez ce qu’est la géodrilologie (science qui étudie les vers de terre, il est d’ailleurs plutôt conseillé de parler de lombrics) avec sa batterie de données stupéfiantes : 3 catégories (épigés, anéciques et endogés), 5000 espèces, 5 cœurs par individu, 5 mètres de galeries par m2 de terre dans les terrains non pollués par les pesticides et non labourés en profondeur, une à quatre tonnes de lombrics à l’hectare selon les conditions, etc.

Quant aux personnages humains ils sont intéressants mais je n’ai jamais pu être réellement en empathie.  Les héros, deux amis inséparables mais qui pourtant se séparent pour mieux se retrouver quand les peines se seront exprimées. Intéressants donc à l’exception de Philippine, l’âme damnée de Kevin que j’ai trouvée un tantinet caricaturale, à moins que Gaspard n’ait réellement rencontré quelqu’un lui ressemblant dans son univers néolibéral… Sont-ils d’ailleurs tous aussi indispensables que nos amis lombrics ? vous devinez ma réponse, c’est finalement sans doute le verdict qui s’ébauche à la fin, qui est spectaculaire et peut-être pas si improbable que cela…

Pour résumer : je le conseille, cela donnera peut-être à réfléchir à ceux qui n’arrivent toujours pas à étendre un lit de feuilles mortes sur leur potager l’hiver et à  renoncer  aux labours profonds et pesticides de toutes sortes.

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Avatar de Sandrine Sandrine dit :

    Bonjour Annie, je suis d’accord : plus de lombrics, moins de néolibéralistes ! On pourrait enterrer les uns pour nourrir les autres 🙂 Je n’ai cependant pas beaucoup apprécié ce roman…

    Aimé par 1 personne

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