Parution : en 2019 conjointement par les éditions Albin Michel et les éditions de l’observatoire. Édité par Le Livre de Poche en 2021.
Broché : 448 pages – 21.90 € Poche : 456 pages – 9.40 €
Les lieux : Angleterre, Irlande.
Le style, le genre : roman historique (19e siècle) construit avec des personnages et des situations ayant existé.
L’auteur : Sébastien est né le 9 mars 1970 à Paris. Après une classe prépa, il étudie à l’Institut d’études politiques de Paris 1 Sorbonne avant de se tourner vers le journalisme, travaillant pour Jeune Afrique, Canal+, M6, TF1, Marianne ou Rolling Stone. En 2017, il publie son premier roman Ces rêves qu’on piétine dans les éditions de l’observatoire et décroche plusieurs prix, dont le prix Stanislas, le prix Emmanuel-Roblès et le prix Méditerranée des lycéens ; il sera traduit en plusieurs langues. Pour Le Coeur battant du monde il sera le lauréat du prix du Jury de la Galerne et finaliste du prix Goncourt des lycéens. Il est enfin lauréat du prix Bibliothèques pour tous et le prix de l’Académie de Pharmacie pour La Fièvre (qui fera l’objet du prochain article). La plupart de ses ouvrages sont disponibles au Livre de Poche. En parallèle de son activité littéraire il est aussi scénariste et enseignant à Sciences Po Paris.
Son tout dernier livre Léonie B vient de sortir (mars 2024 Albin Michel).
L’histoire : Dans les années 1860, Londres, le cœur de l’empire le plus puissant du monde, se gave en avalant les faibles. Ses rues sentent la misère, l’insurrection et l’opium. Dans les faubourgs de la ville, un bâtard est recueilli par Charlotte, une Irlandaise qui a fui la famine. Par amour pour lui, elle va voler, mentir, se prostituer sans jamais révéler le mystère de sa naissance. L’enfant illégitime est le fils caché d’un homme célèbre que poursuivent toutes les polices d’Europe. Il s’appelle Freddy et son père est Karl Marx. Alors que Marx se contente de théoriser la Révolution dans les livres, Freddy prend les armes avec les opprimés d’Irlande.
Mon avis : à la fois romanesque et très documenté c’est le genre de livre qui se lit avec plaisir. Il ne faut pas le prendre pour ce qu’il n’est pas, un exposé des théories communistes, ce n’est pas le propos, mais plutôt comme un instantané de Londres au 19e siècle. Pas besoin de posséder des connaissances poussées en histoire, l’auteur campe l’époque avec précision. Les personnages sont tous très bien dépeints, paradoxalement ça n’est pas Karl Marx qui occupe toute la place mais bien son ami et bienfaiteur Friedrich Engels avec qui il écrira La Sainte Famille (1844), L’Idéologie allemande (1846) et Le Manifeste du Parti communiste (1848), et après la mort de Marx en 1883 Engels a compilé les volumes II et III du Capital (1885 et 1894). Sa collaboration avec Marx est intellectuelle mais il est surtout celui qui lui permet de vivre, il le soutient financièrement. A 22 ans, les parents Engels l’avaient envoyé à Manchester pour travailler dans la manufacture textile familiale en espérant le voir se délester de ses opinions communistes (raté !). J’ai découvert un Engels patron qui m’a beaucoup intéressé, et qui mérite un approfondissement, peut-être une biographie à lire car c’est un personnage complexe avec une conception des mœurs assez originale !
En plus des thèmes liés à Marx et Engels et à l’industrie anglaise alors la plus puissante du monde, le personnage de Mary Burns, compagne irlandaise d’Engels, et le jeune Freddy fils illégitime de Marx sont centraux. Ils permettent d’introduire la « question » irlandaise que nous pouvons creuser en lisant Les Libérateurs de l’Irlande. Huit siècles de lutte de Jean-Luc Cattacin (éditions Vendemiaire – 2016).
Pour résumer : agréable à lire, on y apprend des choses et on s’attache aux personnages.

C’est exactement le genre de roman que j’aime lire l’été : intelligent et romanesque ! Je suis en plein roman marxiste pensée Mao, c’est passionnant et effrayant à la fois. Remonter dans le temps et changer de cadre géographique tout en faisant mieux connaissance avec les premiers penseurs de ce courant sera intéressant.
J’aimeAimé par 1 personne
Tu m’as donné envie de lire ce roman sont le contexte historique me plaît et d’en apprendre plus sur Engels.
J’aimeAimé par 1 personne