Le danseur oriental (La trilogie de Constantinople – 1) de Metin ARDITI

Parution : en mars 2025 dans les éditions Grasset.

Broché : 396 pages – 23 €

Le style, le genre : roman historique, 1912 à 1935.

L’auteur : Metin est né le 2 février 1945 à Ankara. Il quitte la Turquie alors qu’il est encore enfant et obtient la nationalité suisse en 1968. Metin Arditi est physicien. Il est l’auteur de nombreux essais et romans, parmi lesquels Le Turquetto (Actes Sud, 2011), prix Jean Giono, L’enfant qui mesurait le monde (Grasset, 2016), prix Méditerranée, L’homme qui peignait les âmes (Grasset, 2021), prix de l’Université Catholique de l’Ouest, Tu seras mon père (Grasset, 2022), prix Machiavel, et Le bâtard de Nazareth (Grasset, 2023).

Les lieux : Constantinople.

L’histoire : Constantinople, fin de l’Empire ottoman. Gülgül, jeune lutteur au palais du sultan, est formé aux mystères de la calligraphie.  Né d’un père Juif converti à l’islam et d’une mère chrétienne, élancé et d’une rare beauté, il incarne le cosmopolitisme de l’empire finissant. Le voici mêlé malgré lui à une ténébreuse affaire de faux, ourdie par des marchands du Bazar aux dépens du sultan. Le cosmopolitisme de Constantinople dégénère en tensions ethniques. Dans l’Empire devenu République, Kemal Atatürk modernise le pays à marche forcée. Champion national de lutte, héros de la jeune nation, Gülgül s’attirera l’admiration du nouveau maître. Un complot visant à assassiner Atatürk sera déjoué grâce à lui. Un amour improbable le liera à Bella, une grande bourgeoise plus âgée que lui.

Mon avis : roman un peu fourre-tout où les problèmes historiques et politiques se mêlent à des histoires personnelles parfois futiles, avec une multitude de personnages (trop ?). J’ai toutefois, malgré ces réserves, aimé l’ambiance générale que Metin a su mettre en valeur. C’est une période historique et géographique que j’apprécie particulièrement c’est pourquoi j’ai été réceptive, Istanbul étant toujours présente dans mes souvenirs de voyage.

La chute de l’empire ottoman au sortir de la première guerre mondiale est bien relatée ; Metin parvient à nous captiver en nous faisant assister aux derniers instants au pouvoir, au palais de Dolmabahçe, du sultan Vahdettin Mehmet VI. Avec la victoire du jeune Kemal Atatürk triomphant des Alliés et imposant aux Turcs un état laïc c’est un tremblement de terre qui ébranle le pays. C’est un des postulats du roman : la marche forcée vers un changement massif, est-ce une bonne chose pour l’avenir du pays ? On devine un peu ici ce que contiendront les volumes suivants… Les minorités grecques, arméniennes, espagnoles, juives, chrétiennes présentes en Turquie depuis toujours sont forcées à être de vrais Turcs sous peine de sévices, ils sont dans l’obligation de parler le turc et d’oublier leurs langues. A noter aussi l’abandon de l’alphabet arabe au profit de l’alphabet latin. Et surtout l’adoption de la laïcité dans la Constitution, séisme culturel et religieux. Que de bouleversements qui vont mener la Turquie à un nationalisme forcené !

Je m’aperçois que je ne vous ai pas parlé des personnages, trop nombreux sans doute,  mais aussi parce que j’ai eu, finalement,  un peu de mal à m’y intéresser. C’est vraiment l’aspect historique qui est le plus réussi.

Pour résumer : tous ceux qui aiment (voire fantasment) la Turquie et son histoire trouveront un charme certain à ce livre. J’attends la suite.

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Avatar de Sacha Sacha dit :

    La toile de fond m’intéresserait mais pas assez pour ne pas souffrir du manque d’épaisseur des personnages, je crois. Il me semble avoir eu ce problème d’ailleurs avec un autre roman de cet auteur.

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    1. Avatar de anniemots anniemots dit :

      je ne connaissais pas cet auteur, je verrai dans le prochain si il y a lieu de continuer le 3e…

      Aimé par 1 personne

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