Un paradis trompeur de Henning MANKELL

Un paradis trompeur - Henning MankellParution :

octobre 2013 éditions du Seuil

http://www.seuil.com/livre-9782021079708.htm

L’auteur : Henning Mankell est né en 1948. Il est suédois mais passe une bonne part de sa vie au Mozambique. Il est universellement connu pour ses romans policiers mettant en scène le commissaire Wallander. Il écrit aussi des romans pour la jeunesse, des pièces de théâtre et des romans ayant pour cadre l’Afrique.

Le genre : roman d’aventure, épopée d’une émigrante au début du XXe siècle, chère aux auteurs scandinaves

Les lieux : Suède, Mozambique, Afrique du sud

L’histoire : Le froid et la misère ont marqué l’enfance de Hanna Renström dans un hameau au nord de la Suède. En avril 1904, à l’âge de dix-huit ans, elle s’embarque sur un vapeur en partance pour l’Australie dans l’espoir d’une vie meilleure. Son voyage s’arrête en « Afrique orientale portugaise » après la mort en mer de son premier mari (second du commandant dont elle est tombée amoureuse). Deux fois mariée brièvement, deux fois veuve, elle se retrouve à la tête d’une grosse fortune et d’un bordel au Mozambique. Elle se sent seule en tant que femme au sein d’une société coloniale régie par la suprématie machiste des Blancs, seule de par sa couleur de peau parmi les prostituées noires, seule face à la ségrégation, au racisme, à la haine, et à la peur de l’autre qui habite les Blancs comme les Noirs, et qui définit tout rapport humain.

Mon avis : il faut faire l’effort d’oublier le commissaire Wallander quand on lit un roman « classique » de Mankell, si on ne peut pas y arriver alors on est déçu. Comme pour « Les chaussures italiennes » j’y suis arrivée et j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire. L’intérêt est décuplé car il s’appuie sur une histoire réelle, celle d’une suédoise qui a été propriétaire d’un bordel de la ville de Lourenço Marques dans un pays appelé alors « l’Afrique orientale portugaise » (Mozambique) à la fin des XIXe et début XXe siècles. Un document (découvert par Tor Sallström un écrivain ami de Mankell) conservé dans les archives coloniales de Maputo nous apprend que cette femme anonyme était une contribuable importante et qu’elle a complètement disparu de la circulation après quelques années. Pas moyen d’en savoir plus malgré des recherches ! Mankell décide de s’emparer de cette histoire et nous tient en haleine grâce à son sens du rebondissement et du suspense. Je me suis intéressée à Hanna Renström tout au long du livre. Ballottée par les événements, courageuse pour s ‘élever contre les horreurs de la société coloniale, tentée par la fuite vers son pays natal, complice de l’humiliation des « filles » face au machisme et au racisme ambiant : elle se heurte finalement à l’impossibilité de nouer des liens interraciaux. Une scène poignante vers la fin du livre n’est pas sans rappeler le Mankell écrivain de polar.

Pour résumer : pas mal du tout même si ce n’est pas le roman de l’année, bon livre de détente.

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