Une vie entière de Robert SEETHALER

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Parution : en octobre 2015 aux éditions Sabine Wespieser

Traduction de l’allemand (Autriche) par Elisabeth Landes

Le style, le genre : roman autrichien, sur une vie qui s’écoule. Belle écriture classique. Ce roman a été élu « Livre de l’année 2014 » par les libraires allemands.

Les lieux : surtout dans les Alpes autrichiennes et un peu sur les champs de batailles russes et ukrainiens.

L’auteur : Robert est né en le 7 août 1966 à Vienne. Il est acteur, la plupart du temps il joue dans des films de langue allemande mais aussi récemment dans Youth le film de Paolo Sorrentino. Il est également scénariste. C’est le deuxième livre de l’auteur traduit par Sabine Wespieser après Le tabac Tresniak.

J’attends avec impatience la traduction de ses trois premiers romans : Die Biene und der Kurt en 2006, Die weiteren Aussichten en 2008 et Jetzt wird’s ernst en 2010.

L’histoire : Andreas Egger est né à la toute fin du 19e siècle, orphelin à 4 ans il est confié à un oncle brutal qui le rend boiteux. Possédant une grande force physique, il n’a d’autres ressources pour survivre que de se louer et effectuer des travaux de force d’abord dans les champs puis sur les chantiers de construction des remontées mécaniques. Il rencontre la brutalité, un amour bref mais intense, la douleur physique et morale, les soubresauts politiques du 20e siècle, la solitude et l’amour des paysages. C’est le portrait d’un paysan de la montagne, d’un homme ordinaire qui traverse son temps.

Mon avis : Comme son nom l’indique une vie entière est le récit d’une vie, Andreas traverse le siècle et participe à la construction de l’histoire. Trop jeune pour participer à la grande guerre puis recalé, car trop vieux et boiteux, par l’armée austro-allemande au début de la seconde guerre mondiale il est finalement engagé en 1942 quand le pacte germano-soviétique est rompu. « Andreas Egger, je vous déclare bon pour le service. Il vous revient la tâche glorieuse de libérer l’Est. » Il restera huit ans en Russie, à son retour au village une page est tournée. « Le maire n’est plus nazi, à la place des croix gammées les géraniums ornent de nouveau les fenêtres des maisons. »

Nous assistons aux soubresauts de la vie d’un homme tout comme à ceux de sa communauté rurale. Car c’est l’histoire des vallées autrichiennes qui est racontée, elles s’ouvrent à la modernité, on y construit à tour de bras des téléphériques, des hôtels et des infrastructures routières. Ce n’est plus la même vallée que regarde Andreas, celle qu’il aimait parce que c’était son univers : « Egger était seul sur la montagne. Longtemps, il resta debout sans bouger, tandis qu’autour de lui, lentement, les ombres de la nuit se retiraient. Quand il remua enfin, le soleil émergeait en clignant au loin, derrière les chaînes de montagnes, et nappait les sommets d’une lumière si douce et si belle que, n’eût-il été si las, si dérouté, il aurait pu rire d’un bonheur sans mélange. »

Pour résumer : exceptionnel de simplicité ce roman sur un paysan modeste qui participe, sans réellement le comprendre, à l’évolution du monde contemporain, n’est pas sans me rappeler le merveilleux roman  Joseph de Marie-Hélène Lafon.

Le roman de Robert est à recommander à tous ceux se sentant profondément attachés à leurs racines paysannes et aimant les belles écritures classiques.

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