Parution : en 1940 en Italie, première traduction française en 1949 dans les éditions Robert Laffont, collection Pavillons. En poche chez Pocket.
Traduction de l’italien par Michel Arnaud.
Broché : 368 pages – 21.50 € Poche : 267 pages – 6 €
Le style, le genre : roman proche du surréalisme, la connotation onirique est très forte. Son œuvre peut aussi être rapportée au courant existentialiste représenté par Jean-Paul Sartre dans La Nausée (1938) et Albert Camus dans L’Étranger (1942).
L’auteur : Dino naît le 16 octobre 1906 et meurt le 28 janvier 1972. Journaliste pendant plus de quarante ans au Corriere della Sera, où il est passé avec aisance du rôle de chroniqueur à celui de critique d’art ou de correspondant de guerre, il a laissé une œuvre littéraire qui compte parmi les plus importantes du XXe siècle. Devenu célèbre avec Le Désert des Tartares (1940), il a écrit quatre autres romans et de très nombreuses nouvelles (Le K, Panique à la Scala, Bestiaire magique, Les Nuits difficiles, Mystères à l’italienne), pour la plupart fantastiques, mais également des poèmes, des contes pour enfants, des livrets d’opéra, ainsi qu’un grand nombre de pièces de théâtre. Dessinateur et peintre, enfin, il a illustré certaines de ses œuvres, créé des décors de théâtre et peint de multiples tableaux.
Les lieux : vers des contrées lointaines, fantastiques et allégoriques, qui pourraient être les confins de l’empire austro-hongrois ou de l’empire russe.
L’histoire : un jeune homme, Giovanni Drogo, après avoir étudié à l’Académie militaire est promu lieutenant et quitte sa ville pour rejoindre sa première affectation : le fort Bastiani. (oui c’est tout…)
Mon avis : je suis sortie de cette lecture emplie d’une somme de sensations puissantes devant : l’absurdité de la vie, l’étrangeté du lieu, l’admiration devant la justesse des descriptions à la fois philosophiques et terriblement humaines, les destinées de chacun que l’on pense singulières mais finalement pas si singulières… C’est un monument littéraire dont la renommée n’est pas usurpée. L’atmosphère d’attente et de suspension du temps enveloppe l’ensemble du livre, l’attente d’une attaque venant des grandes étendues désertiques par-delà le fort Bastiani . En effet il ne se passe pas grand-chose et c’est là où l’écrivain atteint le grandiose.
Le temps passe si vite qu’il piège tous ceux qui ne devaient rester que quelques mois. A l’occasion des quelques permissions dont profite Giovanni Drogo nous comprenons que chacune d’elles accroît le gouffre familial et sentimental. Tels des moines reclus, les officiers comme les soldats du rang se contentent alors de pauvres distractions dans une auberge de village à quelques encablures du fort : jouer et boire, et monter avec des filles. Le désir de LA confrontation pousse les militaires à renoncer aux agréments de la vie. C’est peut-être au moment de la mort qu’ils deviennent héroïques ? La fin est brillante.
Pour résumer : c’est une expérience de lecture à ne surtout pas laisser passer. Il faut se laisser envoûter par cette atmosphère quasi surréaliste et pourquoi pas … avoir les yeux braqués vous aussi sur le désert. Le roman a été adapté au cinéma en 1976 (je ne l’ai pas vu) par Valerio Zurlini, musique de Ennio Morricone, avec Jacques Perrin, Vittorio Gassman, Helmut Griem, Giuliano Gemma, Philippe Noiret, Laurent Terzieff.
