Prends garde – le roman – de Milena AGUS et Prends garde – l’Histoire – de Luciana CASTELLINA

Parution : en 2015 aux éditions Liana Lévi puis dans la collection de poche de cette même maison « Piccolo » en février 2016.

Traduction de l’italien de Marianne Faurobert et de Marguerite Pozzoli.

Le style, le genre : deux livres en un. A partir d’un évènement historique Milena écrit un roman et Luciana un essai historique.

Les auteurs : Milena Agus est née en 1959 à Gênes en Italie. Elle est professeure d’italien et d’histoire et romancière. Elle a été découverte en France grâce à son roman Mal de pierres best-seller de l’année 2007. Elle appartient à un courant littéraire « La nouvelle vague littéraire sarde ».

Luciana Castellina est née en 1929 à Rome. Elle est journaliste, écrivaine et femme politique. Membre du PCI jusqu’en 1969 puis à nouveau en 1984 elle devient députée de la République italienne en 1976 puis députée européenne de 1979 à 1994.

Les lieux : dans les Pouilles (Italie) au printemps 1946.

L’histoire / Le thème : A Andria petite ville des Pouilles, les quatre sœurs Porro âgées de 54 à 66 ans, vivent recluses dans leur palais brodant et priant, essayant contre vents et marées de tenir leur rang.

Autour d’elles c’est le chaos, les paysans ont faim tout comme les ouvriers qui n’ont pas de travail.

Il faut reconnaître que depuis le 8 septembre 1943 (armistice signé entre l’Italie et les Alliés) le pays éclate de tous les côtés.  Après le débarquement des Américains à Syracuse le 9 juillet ce sont 150 000 soldats qui débarquent, ils sont rejoints peu après par 320 000 hommes supplémentaires. Le roi et le gouvernement antifasciste se réfugient à Brindisi, Mussolini est renvoyé par le roi et destitué. Des milliers d’ouvriers se mettent en grève pour exiger la paix. Et puis il y a les réfugiés qui ont envahis la région fuyant les combats, les anciens combattants qui rentrent au pays.  La guerre civile des Pouilles va durer 3 ans, mélange de règlements de comptes politiques, de lutte des classes et de manque de nourriture.

Le 7 mars 1946 sur la place de la mairie une foule d’ouvriers agricoles et d’anciens combattants rejoints par les habitants d’Andria se réunissent. Ils attendent Giuseppe Di Vittorio, l’ancien journalier devenu secrétaire général de la CGT italienne, qui ne viendra pas… Des coups de feu retentissent, tout le monde en est sûr ils sont partis de la demeure des sœurs Porro. Un déchaînement de violence s’ensuivra…

Mon avis : c’est un exercice intéressant, se saisir d’un fait divers réel et lui donner deux éclairages l’un d’une historienne l’autre d’une romancière. A partir d’un crime somme toute banal c’est toutes les composantes d’une société qui s’opposent, chacune isolée dans sa condition sociale, ignorant l’autre. C’est plaisant et réussi, ces deux textes permettent de découvrir un épisode de l’histoire italienne qui suit le débarquement américain côté sud.

Pour résumer : 80 pages de chaque côté (le texte est tête bêche) qui se lisent vite, à conseiller pour apprécier la performance et pour la page d’histoire.

https://anniemots.files.wordpress.com/2017/02/b24f2-milenaagus.jpg?w=339&h=225
Milena Agus
Castellina
Luciana Castellina

 

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Marcorèle dit :

    Un texte tête bêche ? Si ça ce n’est pas de la performance… 🙂

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