N. N. de Gyula Krúdy

le

N.N.Parution : la première édition hongroise date de 1922, première traduction en français en 1985.

Nouvelle traduction d’Ibolya Virág en 2013 aux éditions La Baconnière

Le style, le genre : roman autobiographique baignant dans une atmosphère particulière, celle de la campagne de la Hongrie orientale.

L’auteur : Krúdy est né le 21 octobre 1878 à Nyíregyháza et mort en 1933 à Budapest. Il est né enfant naturel (en hongrois « nomen nescio » N.N.), d’un père avocat Gyula Krúdy et de Julianna Csákányi servante dans une famille paysanne, néanmoins ses parents ont réussi à vaincre les conservatismes de classe et à se marier… après leur septième enfant ! Son enfance est heureuse, il fait ses études chez les Jésuites puis chez les Luthériens. Très jeune il se passionne pour le journalisme et l’écriture, il publie beaucoup de nouvelles et de très nombreux romans et bénéficie d’une réputation de séducteur et de joueur invétéré. Il fut le romancier favori de Sándor Márai. « Sur l’aloès, poussent des fleurs une fois tous les cents ans. L’œuvre de Krúdy est la fleur d’aloès, mystérieuse et magnifique, de la littérature hongroise. » Sur les 86 romans recensés par la traductrice, seul une dizaine sont traduits en français.

Les lieux : en Hongrie, dans la région du Nyírség.

L’histoire : dans un petit village du pays des bouleaux un jeune homme nous conte son univers fait de récits villageois, de descriptions des paysages et des couleurs de la campagne hongroise. Une jeune fille, Juliska, prend une place de plus en plus importante dans sa vie. « Une jeune domestique se blottissait à mes pieds non loin du poêle, dormant là, en hiver et à l’automne, les pieds nus ramenés sous son cotillon bigarré, douce et immobile comme le pain, poussant parfois des soupirs profonds et embrassant l’air de ses bras nus dans son sommeil. Puis, gémissant comme un oiseau qui siffle dans la forêt, changeant de position, elle se rendormait. Juliska était la fille du directeur de la prison de Nagykálló. Après un mauvais coup, elle avait dû entrer en service. Elle louchait, mais sa peau était blanche comme celle des demoiselles. Parfois elle oubliait longuement sur moi ses yeux malades sans pouvoir les détourner assez vite quand ils rencontraient les miens. Elle devenait alors rouge comme la flamme. »

Jusqu’au moment où la vie paisible des deux amants se brise, il part à Pest pour étudier et faire carrière, il ne reviendra que dix années plus tard pour constater qu’à la fois rien et tout a changé…

Mon avis : sur ma table de chevet depuis un bon moment N. N. m’a ravie. C’est un livre que vous ne pouvez pas lire par hasard, pas de une des médias (sans doute pas assez « commercial »), c’est pourquoi le rôle des libraires et des « passeurs » est important. La littérature hongroise, comme toutes celles de l’ancien territoire d’Autriche Hongrie, est une des plus riches au monde. Un exemple ici avec ce texte tout en délicatesse, en poésie et en sentiments. La traductrice le définit ainsi et je la cite : Chez Krúdy ce n’est jamais l’histoire qui compte mais « l’ensemble », ses métaphores, ses ambiances mélancoliques et oniriques et la musique enchanteresse de sa prose qui évoque celle du violoncelle. Des Tziganes qui se faufilent dans l’ombre, des amours furtives à peine esquissées, une auberge sous la neige avec sa véranda multicolore… l’écrivain virevolte sans cesse entre le réel et la fable.

Je fais une réserve, pas sur le fond mais sur la forme, certes les coûts d’impression sont élevés dans le prix de revient d’un livre mais imprimer dans le sens contraire des fibres du papier donne un livre très rigide. Il faut « casser » le dos du livre, peu agréable à lire… L’imprimeur devrait être de meilleur conseil !

Pour résumer : à découvrir, c’est un moment de bonheur. Comme l’a dit André Rollin dans  Le Canard Enchaîné  : «Se laisser mordre par ce court roman est un plaisir des plus suaves.». Sur ma pile il y a un autre roman de Krúdy  Sept hiboux. J’en parlerai bientôt…

 

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