L’amie prodigieuse d’Elena FERRANTE

Parution : en 2011 en Italie, chez Gallimard en 2014, suivie de la parution en poche en 2016 chez Folio.

Traduction de l’italien par Elsa Damien

Le style, le genre : roman qui commence dans les années cinquante, l’histoire de deux petites filles Lila et Lenù, leur amitié et tout simplement la vie. Raconté à la première personne par Lenù.

L’auteur : Elena Ferrante est le pseudonyme d’une auteure italienne. Depuis son premier roman en 1991 elle souhaite garder l’anonymat. Plusieurs journalistes italiens ont fait un travail de détectives pour essayer de la démasquer au grand dam des lecteurs qui respectent ce choix. Peu importe le nom pourvu qu’on ait les livres… Ses ventes se comptent par millions d’exemplaires dans le monde, elle est traduite dans 41 pays et provoque un engouement exceptionnel, que je partage !

Les lieux : un quartier pauvre de Naples (Italie).

L’histoire : Lila (de son vrai nom Raffaella Cerullo) est fille de cordonnier, Lenù (Elena Greco) fille du portier de la mairie. Elles ont 6 ou 7 ans lorsqu’elles deviennent amies, c’est une amitié tout d’abord teintée de crainte et de méfiance. Lila est une dure à cuire et Lenù est fascinée. « Lila apparut dans ma vie en première année de primaire, et elle me fit tout de suite impression parce qu’elle était très méchante. Nous étions toutes un peu méchantes, dans cette classe, mais seulement quand la maitresse, Mme Oliviero, ne pouvait nous voir. Lila, en revanche, était tout le temps méchante. » Elle raconte leur enfance, son combat à livrer à l’école pour pouvoir continuer ses études alors que Lila, brillantissime, se voit refuser cette possibilité par son père. Lila est sauvage et belle, Lenù n’attire pas les regards. Lenù aime Lila mais la jalouse, elle est ambivalente en se réjouissant quelquefois des déboires de son amie. Il y a aussi les frères et les pères qui imposent leur domination et les mères dont on a honte. « « Tu sais ce que c’est, la plèbe ? – Oui, madame. ». Ce que c’était la plèbe, je le sus à ce moment-là, beaucoup plus clairement que quand Mme Oliviero me l’avait demandé des années auparavant. La plèbe, c’était nous. La plèbe, c’était ces disputes pour la nourriture et le vin, cet énervement contre ceux qui étaient mieux servis et en premier, ce sol crasseux sur lequel les serveurs passaient et repassaient et ces toasts de plus en plus vulgaires. La plèbe c’était ma mère, elle avait bu et maintenant se laissait aller, le dos contre l’épaule de mon père qui restait sérieux, et elle riait bouche grande ouverte aux allusions sexuelles du commerçant en ferraille. Tout le monde riait et Lila aussi, elle semblait avoir un rôle à jouer et vouloir le jouer jusqu’au bout. »

Mon avis : il n’y a presque rien à dire tellement c’est brillant, émouvant et addictif… J’ai envie de dire qu’il ne se passe rien et à la fois qu’ il se passe tout. Rien que la vie avec ses bonheurs et ses contraintes : les relations familiales, les premières amours, les rivalités, les vilenies des uns et des autres, la domination violente et arrogante des hommes, le fossé qui se creuse au fur et à mesure de l’élévation du niveau d’instruction, etc. C’est là qu’on sait qu’un auteur est au-dessus du lot, peu pourrait en faire quelque chose d’aussi bien écrit, passionnant et émouvant.

Pour résumer : magnifique, impossible à lâcher une fois qu’on a commencé à lire le premier volume. A lire absolument, c’est un  livre qui fait partie des indispensables. Je le recommande à tous (surtout à toutes).

4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. J’adore l’Italie et donc, ce livre j’en ai entendu parler en long, en large et en travers, mais je ne me le suis pas encore procuré !! Cela viendra. C’est certain. 🙂

    1. anniemots dit :

      🙂 aucune hésitation à avoir en effet ! bonnes lectures !

  2. hermet sylvie dit :

    Tout à fait d’accord avec Annie, je viens de commencer le 3ème tome ( 4 de prévus)et c’est toujours aussi prenant avec un aspect politique( et lutte de classe) très important…
    je suis emballée : on peut même en imaginer un film : j’ai l’impression que tous les éléments pour un scénario sont là……

    sylvie

  3. anniemots dit :

    il faut au moins une série sur … Arte. ça conviendrait bien 🙂

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