La mélodie du passé de Hans Meyer zu Düttindorf (et Carlos Risso)

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couv melodie passécouv melodie du passé pocheParution :  en 2014 en Allemagne sous le titre « Das Bandoneon », traduit par Rose Labourie pour les éditions Les Escales en juin 2015. Sortie en poche chez l’éditeur Pocket en septembre 2016.

Le style, le genre : saga familiale, roman historique, roman sentimental.

L’auteur : Hans Meyer zu Düttingdorf est né en 1967 à Bielefeld en Allemagne. Il est musicien et comédien. C’est son compagnon Juan Carlos Risso qui lui a appris à aimer l’Argentine et le tango. Ensemble, ils ont écrit La Mélodie du passé. Tous deux vivent entre Berlin et Necochea, une station balnéaire située sur la côte atlantique de l’Argentine. La mélodie du passé est son premier roman.

Les lieux : Berlin, Buenos Aires.

L’histoire : l’histoire se déroule dans deux espaces temporels : de nos jours et des années 20 à l’après seconde guerre mondiale.

Christina une journaliste berlinoise vient de perdre sa mère, Marianna Bühnow morte d’un cancer, elle doit passer par l’épreuve douloureuse de vider son appartement. En enlevant une commode un des déménageurs découvre une photo en noir et blanc coincée derrière un des tiroirs. Elle représente un groupe de musiciens de tango des années 30 « Los tangueros de Buenos Aires » et au verso un message manuscrit : « Le bandonéon porte ma vie. E. « . Christina, rentrée chez elle, retrouve Bernd son mari, la carte l’intrigue.

« – Mais comment se fait – il que ta mère ait eu cette carte entre les mains ? Elle vient d’Argentine et est écrite en allemand. Et pourquoi a-t-elle choisi de la cacher ? Ou peut-être que le cliché et est tombé derrière le tiroir de la commode accidentellement ?

Christina décide de fouiller le passé de sa mère qui a été élevée dans un orphelinat, abandonnée à la naissance en 1945. Sœur Maria la reçoit et se souvient très bien de la petite Marianna. Mais Christina va de surprise en surprise.

« – Vous vous souvenez de ma mère ? Christina sentait l’espoir se ranimer en elle.

– Oui et même très bien. Je me rappelle aussi la carte postale. Il y a des musiciens dessus, un orchestre de Buenos Aires, n’est-ce pas ?

– (…)

– Mon enfant il va vous falloir être forte. Je vous ai dit que l’arrivée de votre mère à l’orphelinat avait coïncidé avec mon premier jour de travail comme novice. Cependant… (sœur Maria marqua une pause et prit une profonde inspiration) ce n’était pas en 1945  mais plus tard, en 1947. Votre mère est née deux ans après la fin de la guerre. »

Sa mère lui avait dit qu’elle avait été placée à l’orphelinat après la mort de ses parents dans les bombardements de Berlin en 1945… Et elle apprend finalement que la famille Bühnow n’existe pas, c’est une jeune fille en détresse de 17 ans environ qui l’a abandonnée. Après ces révélations et bien d’autres encore, Christina part en Argentine à la recherche de son passé.

Dans les années 20 nous suivons en parallèle Emma von Schaslik, aristocrate désargentée, l’arrière-grand-mère de Christina qui tombe amoureuse d’un Argentin d’origine allemande, Juan (Johann) Hechtl, et qui l’épouse très vite. A bord du Cap Arcona, un paquebot assurant la liaison entre Hambourg et Buenos Aires elle quitte sa famille avec tristesse mais amoureuse et impatiente de découvrir sa nouvelle vie. Riches propriétaires terriens les Hechtl font partie de la bonne société de Buenos Aires, sur leurs terres ils emploient un nombreux personnel. La vie rêvée n’est pas la vie réelle Emma va s’en apercevoir d’autant plus que les événements historiques s’en mêlent : la montée du nazisme et de l’antisémitisme en Allemagne comme en Argentine, le choix entre la Résistance ou la collaboration là-bas aussi, et la passion amoureuse …

Mon avis : j’ai eu un petit moment de flottement en début de lecture, étais-je en train de lire du Harlequin (oui je le confesse j’en ai lu quelques-uns piqués à ma mère il y a bien longtemps…) ? Tous les éléments du mélo étaient en place : la carte cachée qui est découverte in extremis, la mère orpheline, la Sœur qui opportunément recueille l’enfant le premier jour de sa présence à l’orphelinat, les éléments miraculeux qui vont lui faire retrouver sa grand-mère, l’histoire d’amour malheureuse de celle-ci qui lui fera abandonner son enfant, le mariage de Christina qui bat de l’aile, des coups de bol assez stupéfiants (un peu trop quand même !) grâce à un mari qui travaille dans l’administration  , etc.

Passée cette mise en scène de départ et des récurrences au cours du roman il faut se laisser aller à lire un roman agréable sans en attendre plus que cela.

J’ai tout de même bien accroché à la description de ces destins qui nous font traverser le XXe siècle, il y a de l’émotion, du suspense, des rebondissements et de l’amour passionné et irraisonné (c’est sans doute la même chose), et c’est bon de se sentir partie prenante d’une histoire comme celle-là.

On voit Emma se transformer, d’une jeune fille timide et effacée elle devient une femme volontaire qui affirme ses choix, c’est un beau portrait de femme. Il ne vous aura pas échappé que j’ai nettement préféré le personnage d’Emma à celui de Christina, cette dernière n’étant créée par le romancier que pour mettre en valeur le personnage de l’arrière-grand-mère.

Et puis il y a le tango ! super bien mis en valeur, décrit avec passion et chaleur, le deuxième auteur (argentin) y a mis sa patte et ça se sent !

« Alors qu’ils se dirigeaient vers leur chambre, elle lui demanda au débotté ce qu’il pensait du tango.    – Le tango ? rétorqua Juan en regardant sa femme d’un air interloqué. Le tango, c’est de la musique de bas étage. Un divertissement pour les déshérités. »

Pour résumer : un livre agréable à lire pour qui aime se laisser embarquer dans les sagas romanesques.

zu duttingdorf et Risso

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