Toute la lumière que nous ne pouvons voir de Anthony DOERR

couv Doerr

Parution : « All the night we cannot see » est publié en 2014 aux Etats Unis, en mai 2015 en France aux éditions Albin Michel et au Livre de poche en septembre 2016.

Traduction de l’anglais (américain) par Valérie Malfoy.

Le style, le genre : c’est un roman historique (seconde guerre mondiale) et une réflexion sur le destin (ou le hasard) et les choix décisifs que peuvent avoir à faire les êtres humains dans des circonstances exceptionnelles. Les chapitres sont courts et alternent l’histoire de Werner et de Marie-Laure.

L’auteur : Anthony Doerr est né le 27 octobre 1973 à Cleveland (Ohio – États Unis). Fils d’une professeure de sciences il se met à l’écriture dès le début 2000. Il publie plusieurs romans qui resteront assez confidentiels aux États Unis comme Le nom des coquillages (2003), et À propos de Grace (2006). Le mur de mémoire (2013) marque un tournant : il prend place dans la liste finale du National Book Award.

C’est en 2006 alors qu’il est invité au Festival Étonnants voyageurs pour un de ses ouvrages qu’il découvre la cité de Saint-Malo. On lui raconte que la ville a été presque complètement détruite par les bombardements américains (80% de la ville intra-muros). Totalement séduit par l’ambiance il décide d’en faire le lieu d’un de ses prochains romans, ce sera Toute la lumière que nous ne pouvons voir. Il sera un phénomène d’édition aux États Unis, vendu à plus de 2 millions d’exemplaires et couronné par le prestigieux prix Pulitzer 2015.

Les lieux : Paris, Saint Malo (France). La Ruhr (Allemagne)

L’histoire : nous découvrons Werner Pfennig en 1934, il a 9 ans. Il vit dans un orphelinat du bassin de la Ruhr près d’Essen avec sa sœur Jutta, 7 ans. La situation économique de l’Allemagne est catastrophique, dans l’orphelinat de la Viktoriastrasse les enfants ont faim. Il est dirigé par Frau Elena une religieuse protestante alsacienne, protectrice et généreuse. Les enfants sont presque tous bilingues car elle leur raconte des histoires et leur chante des chansons en français.  Werner développe un don pour bricoler et réparer à partir de rien des TSF, appareils qui le passionnent. Au point que le soir il écoute avec Jutta une émission scientifique d’un Français captée avec leur radio bricolée.

Quand il a 10 ans un officiel du ministère du travail du Reich leur annonce qu’à 15 ans tous les garçons seront enrôlés dans les mines. Hasard ou destin… un officier nazi qui a entendu parler de l’habileté de Werner à réparer les postes le repère. Il échappe à la mine, il a presque 15 ans. Mais y gagne-t-il au change ? car y échapper signifie qu’après avoir obligatoirement adhéré aux Jeunesses hitlériennes il doit intégrer les Nationalpolitische Erziehungsanstalten (les écoles d’élite du Reich), puis la Wehrmacht pour dénicher les radios émetteurs de la Résistance…

En 1934 Marie-Laure Leblanc a 6 ans lorsqu’elle devient aveugle. Elle vit à Paris avec son père près du Jardin des Plantes, sa mère est morte précocement. Son père lui construit une maquette, réplique exacte de leur quartier, pour qu’elle puisse s’y déplacer seule. Monsieur Leblanc est le serrurier en chef du muséum d’histoire naturelle et Marie-Laure passe des journées entières dans les laboratoires, on y parle de coquillages, d’espèces éteintes, de pierres précieuses et de la légende d’un diamant inestimable « l’Océan de feu ». En 1939 les collections du muséum doivent être protégées et disséminées un peu partout en France, les employés emballent dans des caisses tous les objets précieux. Bien leur en prend puisque avec la Débâcle, c’est Paris qui se vide de ses habitants et la Wehrmacht qui y entre. Père et fille partent aussi, vers Saint Malo où vit Étienne l’oncle de M. Leblanc.

Mon avis : j’ai beaucoup aimé ce roman, c’est un texte puissant qui éclaire, à travers deux personnages principaux, un pan de l’histoire de la seconde guerre mondiale.

La mauvaise fortune des deux, l’une aveugle l’autre soldat de l’Allemagne nazie, pétrifie leur existence. Ils n’ont rien choisi et sont ballottés par l’Histoire. Ce que j’ai aimé c’est l’excellent niveau de documentation de l’auteur qui nous permet de vivre avec les personnages du livre, dans notre chair, les événements consignés dans les livres d’histoire.

« Avec ce roman je souhaitais également mettre au jour quelques rares éclats de lumière dans un monde de ténèbres. Je souhaitais montrer que la guerre n’était pas que ces défilés et ces batailles en noir et blanc, mais une multitude d’histoires minuscules, invisibles, qui méritent d’être racontées. »

Le récit est haletant, il maîtrise parfaitement le sens du suspense et le texte est extrêmement bien écrit. La partie qui se passe dans les écoles d’élite du Reich est glaçante, elle n’est pas sans rappeler le texte de Michel Tournier « Le roi des aulnes » (à lire également). Il y a plusieurs niveaux de lecture avec en plus de la trame romanesque et historique une intrigue autour « d’un océan de feu »…

Pour résumer : un très bon moment à passer avec ce roman. Je le conseille à tous. Le titre est bien sûr lié aux ondes radios invisibles…

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Harry dit :

    J’ai bien aimé ce roman. Parfois des longueurs, mais c’est vraiment très beau. Et le style est fait de raffinement et se simplicité. Partout il règne une atmosphère esthétique.

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