Bondrée de Andrée A. MICHAUD

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BondréeBondrée grand formatParution : en 2014 au Québec, en 2016 chez Payot & Rivages et en édition de poche chez Rivages Noir.

Le genre, le style : roman policier, dans une atmosphère sylvestre et intimiste, sans dialogues. La narratrice est Andrée une petite fille qui a une douzaine d’année quand commence le roman.

L’auteur : Andrée est née en novembre 1957 au Québec. Diplômée en philosophie, en linguistique, en cinéma et en littérature (rien que cela ! …), elle exerce les métiers de rédactrice et correctrice. Elle écrit son premier roman en 1987, La femme de Sath, et en publie une dizaine tous des romans policiers ou psychologiques. michaud_andreeElle obtient deux fois le Prix du Gouverneur général en 2001 pour Le ravissement et en 2015 pour Bondrée. Pour Bondrée elle obtient aussi le Prix Saint-Pacôme et le Prix Arthur-Ellis.

Les lieux : sur le lac de Bondary Pond (Bondrée en français du Québec) dans l’état américain du Maine, à 200 mètres de la frontière canadienne.

L’histoire : Le vendredi 21 juillet 1967, Zaza Mulligan, une jeune fille disparaît dans les épaisses forêts entourant Boundary Pond, un lac aux confins du Québec rebaptisé Bondrée par un trappeur enterré depuis longtemps. Elle est retrouvée morte, sa jambe déchirée par un piège rouillé. L’enquête conclut à un accident : Zaza Mulligan a été victime des profondeurs silencieuses de la forêt. Mais lorsque Sissy Morgan, une deuxième adolescente, disparaît à son tour, on comprend que les pièges du trappeur ressurgissent de la terre et qu’un tueur court à travers les bois de Bondrée.

Mon avis : au bord du lac de Bondrée à la frontière du Canada et des Etats Unis une petite communauté composée de Québécois francophones et d’Américains viennent passer leurs vacances ou bien y habitent à l’année. L’emploi alterné du texte français avec des expressions et phrases en anglais ainsi que des expressions québécoises peut déstabiliser, mais il est pourtant judicieux car il permet de ressentir au mieux l’ambiance linguistique et culturelle de cette communauté. Au début j’ai trouvé cela déroutant mais peu de pages après j’étais en immersion. L’inspecteur (américain) menant l’enquête sera obligé de demander à un des habitants de servir de traducteur.
La narratrice, Andrée, encore enfant, verra ses rêves s’envoler pendant cet été terrible. Voici comment elle décrit son environnement. « Je n’avais que six ans à l’époque où mes parents avaient acheté le chalet, une construction de bardeaux de cèdre entourée de bouleaux et d’épinettes ombrageant une pièce vitrée de laquelle nous pouvions admirer le lac. C’est pour cette raison qu’ils avaient acquis cette propriété, pour la véranda et pour les arbres, qui leur redonnaient accès à un rêve de pureté que la vie leur avait enlevé. Ils n’avaient que vingt ans quand mon frère Bob est né, vingt-trois quand je suis arrivée à mon tour, vingt-huit lorsque Millie s’est pointée et s’ils n’étaient pas pour autant devenus vieux, leur vision du bonheur s’était rétrécie, elle avait pris la forme d’une véranda et d’un jardin fou où poussaient pêle-mêle le persil et les glaïeuls. »
C’est un roman sur l’adolescence et sur la destinée de chaque personnage que l’auteur décortique. Qu’est ce que la vie a fait de chacun d’entre eux ? Elle fait preuve d’un très bon sens d’observation en décrivant la sphère familiale des familles impliquées. En filigrane le meurtrier, par de courts passages, est décrit pendant les meurtres, à aucun moment on ne devine qui il est.
C’est le style qui est le plus important dans ce roman, très littéraire, des descriptions fines des personnages, de la nature sauvage, de la chappe de plomb qui s’abat sur ce village où rien ne sera plus pareil.
Découverte très intéressante.

Pour résumer : roman qui pourra en dérouter certains, mais il faut se laisser emporter jusqu’au Canada.

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