Fantôme d’Orient de Pierre LOTI

fantomes-d-orient-pierrelotiParution : chez Libella en 2010 et en poche Libretto la même année.

Le style, le genre : récit de voyage, récit autobiographique.
Fantôme d’Orient est le titre d’une nouvelle qui donne son nom à l’ouvrage. C’est un recueil qui regroupe l’essentiel de son œuvre turque (parfois uniquement des extraits) à l’exception des romans. Fantôme d’Orient (1892), Constantinople en 1890 (1892), Turquie agonisante (1913), La mort de notre chère France en Orient (1920), Suprêmes Visions d’Orient (1921).

L’auteur : Pierre Loti est né à Rochefort en 1850 et mort en loti pierre1923 à Hendaye. Il était officier de marine et écrivain, il a cultivé sa vie durant la passion du voyage. De l’Inde à Tahiti, de la Turquie au Sénégal, les pérégrinations de cet arpenteur des océans ont nourri ses œuvres. Il terminera sa vie au Pays basque.

Le thème : Le 16 mai 1876, à vingt-six ans, le lieutenant Julien Viaud, alias Pierre Loti, arrive par mer pour la première fois à Constantinople. Il découvre un pays qui l’éblouit et le marquera au point de le considérer comme sa « seconde patrie ».
Fasciné par le Bosphore, la Turquie, sa civilisation et ses hommes, le grand écrivain confia en son temps, dans le souci de l’authenticité due aux lecteurs : « C’est presque à travers mon âme qu’ils vont apercevoir le grand Stamboul. »
Préoccupé par le sort réservé à la Turquie dans le démembrement de l’empire ottoman, Loti va jusqu’à la fin de sa vie défendre envers et contre tous les intérêts turcs et la place de la France en Orient.

Mon avis : ce n’est pas de l’admiration que Loti porte à la Turquie et singulièrement à Istanbul mais de l’amour total et inconditionnel ce qui amène à le lire avec précaution. Il faut sans cesse ajuster la focale pour apprécier les situations historiques de la fin du 19e siècle et du début du 20e , ceci pour ne pas être horrifiés par les mots de l’écrivain-voyageur. Dans Turquie agonisante peu de peuples trouvent grâce à ses yeux, il parle des monstres Bulgares comme un peuple fourbe et féroce, des Levantins maudits, de la Grécaille, des Boches, etc. et ne parlons pas de la minoration du génocide arménien… Les massacres ne sont commis que par les autre peuples, les Turcs ne font que se défendre, un peu dur à avaler parfois…
Ses mots un peu rudes ne sont pas exempts de clairvoyance géopolitique, le démantèlement de l’empire ottoman ayant précipité la Turquie dans une alliance avec l’Allemagne en 1914. D’autres mots employés par Loti pour nous parler de ce peuple nous émeuvent et il faut bien reconnaitre que dans tous les récits de voyage anciens ou contemporains on loue la gentillesse et l’hospitalité des Turcs. La nostalgie est le maître mot de Loti, jusqu’à être injuste envers des voyageurs qu’il souhaiterait ne pas voir visiter la ville. Un monde disparu hante Loti, c’est parfois lourd.
Mais il n’y a pas que cela, dans ces différents textes et courriers il y a une écriture merveilleuse et une maestria pour évoquer la magie d’Istanbul, tout ceux qui l’ont visitée retrouveront cette magie.

Pour résumer : un personnage hors du commun idolâtré en Turquie à découvrir ou à relire pour être transporté en Turquie.

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