Briser le plafond de glace de Marion POITEVIN

Parution : en septembre 2022 dans les éditions Guérin (de Chamonix), que je connaissais indépendantes mais qui sont associées (rachetées ?) aux éditions Paulsen. Parution en poche en avril 2025 dans les mêmes éditions Paulsen.

Broché :  216 pages – 25 €  Poche : 256 pages – 9.50 €

Le style, le genre : récit autobiographique sur le thème de l’alpinisme, sur la dure  question de se faire une place dans ce milieu quand on est une jeune femme. N’attendez pas un récit d’une grande qualité littéraire, le style est basique mais convient tout à fait à cet exercice.

L’auteure : Marion est née en 1985 à Nancy. Elle grandit dans une famille d’enseignants très sportive (kayak, alpinisme, voile, VTT, spéléologie, parapente, etc.) à La Roche-sur-Foron en Haute-Savoie. Ses parents l’obligent (c’est le deal !) à faire des études alors qu’elle est déjà attirée par l’alpinisme,  Elle obtient à Grenoble une licence de langues étrangères appliquées (anglais / allemand). En 2006 elle s’installe à Chamonix. Elle est actuellement secouriste en montagne et présidente de l’association « Lead the Climb », qui ouvre les portes de la haute montagne aux femmes. Guide de haute montagne, elle a été la première femme (et reste la seule à ce jour) à intégrer le prestigieux Groupe militaire de haute montagne.

Les lieux : dans les Alpes françaises essentiellement mais aussi partout où il y a des montagnes.

Le thème : Que faire quand on est une femme dotée de capacités physiques exceptionnelles et d’une volonté bien charpentée ? Grimper, toujours plus haut, toujours plus fort ! Que faire quand cette passion vous conduit dans un monde presque exclusivement masculin, celui des guides, des gendarmes, du secours en montagne, du groupe d’élite d’alpinisme de l’armée, et qu’on se heurte inlassablement au même plafond de verre ? Recommencer, encore et toujours, et donner une voix à sa colère. Elle prend la plume pour la première fois.

Mon avis : autobiographie saisissante que j’ai lue avec beaucoup d’intérêt bien que le milieu de l’alpinisme me soit tout à fait étranger. Pour tout dire j’avais entendu l’auteure s’exprimer sur France Inter à l’occasion de la sortie en poche de son livre en 2025 ; la vitalité et la force de caractère de cette jeune femme m’avaient bluffée. Il faut être sacrément accrocheuse (sans jeu de mots) pour tenir le coup face aux blagues salaces de tous ces messieurs, aux mises à l’écart répétées et aux sous-entendus sur la capacité à réussir tel ou tel sommet. Certains commentaires sont empreints d’un paternalisme bienveillant, on leur pardonnera ils ont été tout de même au-dessus du lot !  Plus d’une fois on sent le découragement dans ses mots, le fameux plafond de verre qui est ici fait de glace, mais à chaque fois des modèles comme Lynn Hill ou la rencontre avec des femmes d’exception a relancé son ardeur. Des alpinistes venues de partout dans le monde enrichissent sa vie personnelle et professionnelle, citons Karine Ruby (championne olympique à Albertville en 1992) ou Valérie Aumage (première et seule femme professeure à l’école nationale de ski et d’alpinisme) qui forme les moniteurs de ski et les guides à Chamonix.

Ce qui laisse un goût amer c’est le nombre de morts et de blessés graves qui parsèment sa carrière, des personnes qu’elle connait intimement, d’autres non… C’est à ce moment que la plupart des gens « normaux » se demandent « –  mais qu’est ce qui les poussent à risquer leurs vies ? ». La réponse est dans ce récit.

Pour résumer :  je ressors de cette lecture avec une vision générale assez dégradée (attitudes sexistes) des professionnels-hommes de la montagne, mais avec une admiration sans bornes pour Marion. C’est un livre à offrir aux jeunes femmes, l’expérience est transposable dans de nombreux domaines encore privatisés par la gent masculine. Le maître mot : s’accrocher !

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