Le faon de Magda SZABÓ

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Parution : écrit en 1959 et disponible en français depuis janvier 2008 dans les éditions Viviane Hamy. Sortie en poche (même couverture que la version brochée) collection Bis des éditions Viviane Hamy en 2013, et en 2020 au Livre de Poche.

Traduction du hongrois par Suzanne Canard.

Broché :  220 pages – 21.50 €  Poche Bis V.H. : 220 pages – 9 €

Poche Le Livre de Poche : 288 pages – 7.90 €

Le style, le genre : roman psychologique, roman d’expiation.

L’auteure : elle est née en 1917 et décédée le 19 novembre 2007. Issue d’une famille de la grande bourgeoisie protestante elle fait des études à Debrecen sa ville natale (deuxième ville de Hongrie) et obtient un diplôme de professeur de latin et de hongrois, puis un doctorat en philologie. Pendant l’emprise communiste elle est dissidente et ne peut plus publier jusqu’en 1957. Elle a écrit de nombreux romans, le plus connu en France est La porte (prix Femina étranger 2003), disponible seulement dans le format poche Bis V. Hamy et au Livre de Poche. A noter aussi La ballade d’Iza et Rue Katalin (Prix Cévennes du meilleur Roman européen en juillet 2007).

Les lieux : un village, une ville en Hongrie.

L’histoire : Eszter est une comédienne célèbre. Pourtant, les frustrations de son enfance — entre des parents ruinés mais de très vieille aristocratie — renaissent et s’exacerbent quand elle découvre qu’Angela, l’ancienne gamine trop parfaite de son village natal, est l’épouse de l’homme qu’elle aime, et qui l’aime. Le Faon dit la jalousie, la haine, vécue comme un maléfice, à l’égard d’un être qui symbolise tout ce que la petite fille que fut Eszter n’a pas connu, n’a pas été. Son monologue est celui d’une femme qui se donne, se confesse, et qui expie.

Mon avis : il y a de la rage dans son écriture, son récit est porté par une haine impossible à apaiser ancrée dans l’enfance. Mais qu’a donc fait cette malheureuse Angela pour mériter ça ? Pas grand-chose, sinon d’avoir tout ce qu’elle n’a pas,  entre autres une vie matérielle confortable, de l’amour et un faon. Même quand tout va s’inverser, elle célèbre, Angela obligée de fuir à la suite de certains évènements, rien ne s’apaise. La cause : un homme.

La lecture peut ne pas être très fluide pour tout le monde, il y a beaucoup d’allers et retours entre l’enfance et l’époque présente, sans séparation physique, j’ai été un peu perdue au début, mais ça ne m’a pas empêchée de prendre beaucoup de plaisir à cette lecture. Son style nous fait entrer dans une mécanique psychologique implacable, difficile de lâcher la lecture. On comprend vite pourquoi elle construit cette forme de narration qui parait désordonnée.

Pour résumer :  une auteure qui permet de découvrir avec bonheur la littérature hongroise. C’est un classique en Hongrie.

4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Avatar de lorenztradfin lorenztradfin dit :

    J’avais – à l’époque – abandonné « La porte » – je pense devoir un jour de nouveau faire un essai avec cette « classique ».

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  2. Quelle plaisir de lire une chronique sur un roman de Magda Szabó, ce n’est pas courant. J’ai envie de la relire (des trois que j’ai lus, La porte est celui que j’ai le moins aimé) mais je pense commencer avec Abigaël, ou dans un tout autre registre avec L’Instant – La Créüside

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  3. Avatar de Patrice Patrice dit :

    Très tentant, je n’ai encore jamais lu cette autrice mais je me note ce titre. Merci !

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