Laidlaw de William McILVANNEY

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laidlaw.inddParution : en 1977 en Écosse sous le même titre, publié en France en 1987 par les éditions Rivages, collection Rivages/Noir. Il est réimprimé en 2015 au moment du décès de l’auteur.

Traduction de l’anglais par Jan Dusay.

Le style, le genre : roman noir « à l’ancienne » focalisé non pas uniquement sur la victime et sur la recherche du coupable (puisqu’on le connaît dès le début) mais sur le policier, Laidlaw, et ses rapports avec son environnement.

L’auteur : William est né en novembre 1936 en Écosse à Kilmarnock. Son père était mineur et souhaitait pour son fils une éducation de haut niveau dont lui-même n’avait pu bénéficier. William a obtenu ses diplômes de lettres à l’université de Glasgow et en 1960 il commence à enseigner dans un établissement d’une petite ville écossaise, avant de partir en 1970 à l’université de Grenoble pour y enseigner l’anglais pendant quelques années.

Il publie des romans dès 1966 mais c’est en 1975 qu’il se consacre totalement et uniquement à l’écriture après le succès de son roman Docherty, un roman social sur la vie des mineurs… Il est surtout connu en France pour ses romans policiers, moins pour ses nouvelles et sa poésie. La trilogie (finalement devenue une tétralogie), dont Laidlaw est le premier volume, parait entre 1977 et 1991 avec ensuite Les papiers de Tony Veitch (1983), Étranges loyautés (1991) et Big man (1985) qu’il faut lire en dernier.

Il est mort le 5 décembre 2015.

Les lieux : Glasgow (Écosse).

L’histoire : Bud Lawson vient signaler à la police la disparition de sa fille Jennifer 18 ans. Jack Laidlaw se souvient de lui, il avait été soupçonné un temps de violences sur la voie publique. Il raconte : elle est sortie la veille au soir en boîte de nuit, le Poppies, avec sa copine Sarah Stanley et n’est pas rentrée, sa mère s’inquiète.

Elle est retrouvée violée et assassinée dans le Kelvingrove Park.

Pendant ce temps Tommy Bryson, son meurtrier, appelle son amant Harry Rayburn et lui confie son grand désarroi. Il s’est réfugié à Bridgegate dans un bâtiment condamné, il a besoin de lui. Harry en parle à Matt Mason, un des gros truands de Drumchapel, pour qu’il l’aide. Dans ce quartier déshérité Bud, comme tous les autres, ne voit qu’une réponse possible à ce drame, faire la peau au meurtrier grâce à l’aide des piliers de bars dans les pubs, la chasse à l’homme commence.

Mon avis : Glasgow, années 70, quartier de Drumchapel. Le décor est planté pour ceux qui connaissent l’endroit ! Ce quartier, dans la proche banlieue de la ville, a été construit dans l’après-guerre pour remédier au manque de logements bon marché. Lors de la récession des années 70 les usines à proximité ferment les unes après les autres, le chômage est massif, la pauvreté et la délinquance au plus haut. Le roman arrive parfaitement à rendre cette ambiance où les femmes sont sous influence ou sottes, et où la testostérone et le déficit de matière grise sont partout…

Deux personnages occupent l’espace et se distinguent de l’ambiance locale : Tommy, homosexuel et assassin-violeur d’une jeune fille, voilà qui n’est pas banal.  Au moins autant que la personnalité de Jack, inspecteur tourmenté, allergique aux méthodes expéditives de son collègue Milligan qui méprise ouvertement les victimes.

Dans ses tiroirs au commissariat se trouvent des livres de Kierkegaard et Camus, comme l’auteur qui aimaient particulièrement ces deux intellectuels. Il porte un regard distancié sur son environnement qui déconcerte son entourage mais qui lui apporte aussi le respect de son tout nouvel adjoint.

C’est avec plaisir qu’on se replonge dans le roman noir typique des années 70. McIlvanney, considéré comme le fondateur du roman noir écossais, donne une sacrée puissance à l’histoire.

Pour résumer : C’est une enquête de terrain quasi sociologique qui nous prend aux tripes. J’adore !

William-MCILVANNEY

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