Parution : en août 2020 dans les éditions Zulma.
Broché : 288 pages – 21 €
Le style, le genre : roman inclassable, mélange de fantastique, d’érudition et d’humour. Dans la marge, de très chouettes dessins de l’auteur souvent très drôles, je ne vais pas résister à l’envie d’en partager quelques-uns.
L’auteur : Jean-Marie est né en 1954 à Sidi-Bel-Abbès en Algérie. Après l’indépendance sa famille est rapatriée, elle s’installe dans le Var. Il fait des
études de philosophie et d’histoire à la Sorbonne. Il donnera des cours au Brésil, en Chine (sur Jean-Paul Sartre et Roland Barthes), en Italie et à Taïwan. Sa carrière d’écrivain débute avec la publication d’un recueil de nouvelles « La mémoire de riz et autres contes » publié au Seuil en 1982. Le roman le plus connu, Là où les tigres sont chez eux (éditions Zulma), est récompensé par le prix Médicis et le prix du roman Fnac en 2008. À partir de 1986, il participe aux fouilles sous-marines de la Mission archéologique française en Lybie. Il dirige actuellement la collection Archéologies qu’il a créé chez Edisud pour vulgariser l’archéologie.
Les lieux : sur la rive du lac de Calafquén au Chili et dans le désert du sud libyen.
L’histoire : Qui peut jurer de ne pas inventer, au moins en partie, ses souvenirs ? Certainement pas Augustin Harbour. Quarante ans plus tôt, errant dans le désert du Sud libyen, il est tombé sur une mystérieuse oasis : Zindān. On y arrive de n’importe où, de n’importe quand, et aucun des autres voyageurs échoués là ne sait comment en repartir. C’est que Dieu lui-même apparemment y vit, en compagnie de son envoûtante vestale, Maruschka Matlich. Réfugié dans une clinique de luxe, sur les rives du lac Calafquén au Chili, carnets, croquis et annotations à l’appui, Augustin dresse l’inventaire de cette extravagante épopée, des habitants et de leurs mœurs étranges – tabous alimentaires, pratiques sexuelles, objets sacrés et autres signes parleurs –, qui prend vite des allures de fantasmagorie. Présent et imaginaire se mêlent, comme pour une dangereuse immersion
au cœur des ténèbres.
Mon avis : autant le dire tout de suite je sais que ce roman ne va pas plaire à tout le monde mais c’est un voyage qui vaut le détour ! Je suis fan de Roblès depuis ma première lecture de L’île du Point Nemo (éditions Zulma) paru en 2014. C’est une expérience littéraire à vivre, quelle écriture magnifique, j’ai savouré chacune de ses phrases. On plonge dans le fantastique, le récit alterne les souvenirs d’Augustin et la vie stupéfiante à Zindān. Les différents quartiers de la ville sont tous aussi surprenants les uns que les autres, on y rencontre le clan des trayeurs de chiennes, le quartier des mangeurs de crevettes, le clan des Amazones, le clan du Jujubier. On navigue entre le passé dans l’oasis et le présent (identifié dans les chapitres par « Ricordi ») en se demandant à tout moment où est la vérité. Son univers n’est pas sans rappeler celui de Jules Verne : du fantastique, une réinterprétation–invention des objets de notre quotidien (tellement drôle) et ici les rites religieux passés à la moulinette du passé et du présent, le personnage de Hadj Hassan est savoureux. Je rassure ceux et celles qui commenceraient à penser que ce livre n’est pas pour eux il y a un fil romanesque cohérent. Et également beaucoup d’érudition, si certaines notions
ou références ne sont pas connues cela n’enlève rien au plaisir de lecture, j’en ai fait l’expérience.
Pour résumer : la seule condition pour entrer et ressortir du livre avec bonheur, c’est lâcher prise et oublier ce que vous avez lu avant. Coup de cœur de nombreux libraires en 2020, une fois n’est pas coutume j’en cite quelques-un(e)s que vous pouvez retrouver sur le site de Zulma..
« Ouvrez le livre, c’est déjà la grande aventure ! Perdu après une tempête de sable dans le désert libyen, le narrateur trouve refuge dans une ville-oasis où tout se révèle extravagant. Cinquante ans plus tard, séjournant à la Villa Bellevue, il entreprend à la manière d’un anthropologue, de faire le tri des souvenirs de sa vie aventureuse et romanesque. Anecdotes, clins d’œil, références livresques et historiques, irrévérence, on ne sait jamais sur quel pied danser. Façon cabinet de curiosité, les dessins sont merveilleux. Blas de Roblès a du génie, son nouveau roman est bluffant, érudit, drôle, fou et magique. » Anne-Lise, librairie La Galerne — Le Havre
« Un OVNI littéraire, un grand voyage au coeur de l’absurde nimbé de mystères et d’orientalisme. » Thomas, librairie de Paris — Paris
« Un petit bijou d’humour loufoque et de fantaisie. Un explorateur se perd en plein désert et tombe sur une oasis peuplée d’étranges personnages. Sans se démonter, il décide d’étudier cette tribu encore inconnue à la manière d’un ethnologue d’autrefois. Illustrant son récit de dessins très XIXème (des collages où l’on reconnaît parfois des figures illustres comme Proudhon ou Victor Hugo dans les situations les plus cocasses), il découvre peu à peu ce monde abracadabrant. Un récit d’exploration au ton toujours très flegmatique propre aux gentlemen-aventuriers, et un peuple aux mœurs si absurdes qu’on pourrait croire qu’ils les ont copiées sur les nôtres ! Puisque aujourd’hui il ne nous est plus possible de voyager qu’à travers l’imagination, autant que ce soit le plus loin possible. » Vincent Jaboureck, librairie Dédicaces — Rueil-Malmaison
