Parution : en février 2020 dans les éditions Actes Sud, collection Actes noirs, en septembre 2022 en poche Babel Noir-Actes Sud. Traduction de l’espagnol par Claude Bleton.
Broché : 294 pages : 22 € Poche : 304 pages : 9.20 €
Le style, le genre : roman policier historique qui a pour cadre l’Espagne de l’époque franquiste avec des soubresauts jusqu’en 1978.
L’auteur : Víctor del Árbol Romero est né à Barcelone en 1968. Après des études d’histoire, il a travaillé dans les services de police de la communauté autonome de Catalogne. Il est l’un des auteurs espagnols les plus traduits et les plus primés. En 2018, il a été nommé chevalier des Arts et Lettres de la République française. Il a écrit une dizaine de livres tous traduits par Actes Sud. Son dernier à ce jour est Le temps des bêtes féroces (mars 2026).
Les lieux : Espagne, Barcelone.
L’histoire : Novembre 1975 : Lucía rentre à Barcelone après des années d’exil, accompagnée par les cendres de son père et par les fantômes qui avaient provoqué son départ. Le général Franco agonise et avec lui une Espagne décrépite et violente. Il est alors temps de se délester du fardeau du poids des morts. Pour cela, Lucía va tenter de révéler la vérité sur les conclusions d’un drame survenu trente ans plus tôt. Mais, dans cette atmosphère “fin de règne”, la terreur et la suspicion sont partout, et le commissaire Ulysse, face à la jeune femme, est prêt à livrer sa dernière bataille.
Un vieux militaire inflexible, une belle épouse délaissée, un jeune médecin éperdument amoureux : autour de cette funeste trinité gravitaient aussi un terrifiant policier et un pauvre bougre qui, par lâcheté, lui avait vendu sa petite fille. L’heure est désormais à la confrontation.
Mon avis : ce roman de Víctor del Árbol est son premier, publié en 2006 en Espagne. Important à préciser car j’allais écrire que j’avais l’impression d’avoir lu la même histoire que le précédent titre, que je croyais être le premier, à savoir La tristesse du samouraï (2011) chroniqué juste avant. Mêmes tourments de l’âme, même douleur, même époque le Franquisme, univers sombre, noirceur des personnages, allers et retours entre deux époques, viols et tortures, des relations familiales père/fille presque semblables, les profils féminins de María et Lucía très proches. Il est évident que cette redondance à cinq ans d’écart nous montre le poids du franquisme sur nombre d’écrivains et d’artistes espagnols, comme le sont les écrivains allemands avec le thème de la division entre l’Est et l’Ouest et la réunification.
Bref, j’ai été déçue même si l’intrigue est bien menée et si on sent tout le potentiel romanesque de cet auteur. C’est notamment dans la transition entre les deux époques que l’on peut voir la différence de maîtrise entre les deux romans déjà lus. J’hésite tout de même à poursuivre ma découverte de l’œuvre de l’auteur, peut-être un peu trop sombre pour moi en ce moment !
Pour résumer : si, entre les deux, vous ne devez en lire qu’un, préférez La tristesse du samouraï à mon avis plus abouti.
