Le printemps des barbares de Jonas LÜSCHER

le-printemps-des-barbares
208 pages – 17,50 € –
le printemps des barbares poche
217 pages – 6.70 € –

Parution : en Allemagne en 2013, en 2015 en France aux éditions Autrement et en poche chez J’ai Lu en juillet 2016.

Traduction de l’allemand (Suisse) par Tatjana Marwinski

Le style, le genre : premier roman décapant où un homme dépressif relate les évènements survenus pendant le séjour d’un ami en Tunisie. Un peu de philo, beaucoup de socio et de la dérision.

L’auteur : Jonas est né le 22 octobre 1976 à Zürich en Suisse et grandit à Bern où il fait des études de philosophie. Il participe à l’écriture de scénarios pour le cinéma allemand. jonas lüscherLe printemps des barbares obtient dès sa parution en 2013 le prix Franz Hessel. Jonas se dit fasciné par l’appauvrissement que l’ultralibéralisme, devenu idéologie dominante depuis la fin des années 1970, inflige à l’expérience humaine. Il appartient à un courant intellectuel : la Kulturkritik, vision désenchantée de la société et de la culture occidentale qu’il observe avec fascination. Son deuxième roman vient de paraître Monsieur Kraft ou la théorie du pire (éditions Autrement).

L’histoire : « Il y avait eu des signes avant-coureurs la veille au soir, mais durant la nuit la situation s’était encore aggravée. Pendant que Preising dormait, l’Angleterre sombrait. » Amateur de pantalons en velours et de mocassins rutilants, Preising n’a guère l’âme d’un aventurier. Dans un luxueux club au cœur du désert tunisien, le voici contraint de côtoyer une horde de traders londoniens venus célébrer un mariage dans une débauche d’alcool et d’argent. Au lendemain d’une nuit de fête, la panique se propage à la vitesse de l’éclair : la Grande-Bretagne aurait fait faillite. Soudain ruinés, les golden boys perdent toute retenue. Du maître-nageur aux dromadaires, nul n’échappe à leur folie destructrice. (texte éditeur)

Mon avis : roman très original et bluffant, je me suis régalée. Preising est l’anti-héros parfait : c’est le fils d’un industriel suisse qui n’a jamais eu à se préoccuper de son avenir. Dès les premières pages le personnage est cerné et le ton du roman donné. « Le père de Preising, qui avait eu le tact de retarder son décès juste assez pour laisser à son fils le temps de terminer des études de gestion – interrompues parce que Preising leur avait préféré une formation de chant d’un an et demi dans une école privée parisienne -, lui légua une usine d’antennes de télévision, avec trente-cinq employés, à une époque où le câble avait déjà fait depuis longtemps son entrée dans les foyers. » Au bord de la faillite, la société reprend son envol grâce à Prodanovic, jeune technicien inventif, qui devient fondé de pouvoir. C’est lui qui envoie Preising en vacances et qui, pour joindre l’utile à l’agréable, programme une visite à un de leur sous-traitant en Tunisie aux abords de Sfax. Moment savoureux où Slim Malouch met en avant ses filles pour charmer l’arrivant… « Mais au moment même où l’affaire se corsait, poursuivit-il, quand l’homme me lança sur un ton de reproche que visiblement ses filles n’étaient pas assez belles pour moi et qu’il se demandait s’il était plus opportun de les renvoyer pour me présenter ses trois fils, tandis que je m’efforçais de lui faire comprendre que le dilemme résidait plutôt dans l’impossibilité pour moi de faire un choix, chacune s’avérant d’une beauté exceptionnelle, alors qu’au fond de moi-même je cherchais une échappatoire me permettant, sans le vexer à mort, de refuser l’offre dans son ensemble, un serviteur fébrile au visage cramoisi l’appela. »

Preising est en route pour l’oasis de Tchoub en plein désert en compagnie de Saïda gérante du Thousand and One Night, club appartenant à son père, quand un accident impliquant des dromadaires met Preising dans tous ses états… Et c’est loin d’être terminé puisque les événements vont s’enchaîner pour aller vers le pire. Son oasis à lui va finalement être une rencontre sur le toit de l’hôtel, avec Pippa mère du marié qui, comme lui, n’a pas vraiment choisi d’être là. Il devient observateur des invités : beaucoup de jeunes financiers de la City qui pensent que le monde leur appartient…

Pour résumer : un vrai feu d’artifice au propre comme au figuré !

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