La guerre est une ruse de Frédéric PAULIN

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450 pages – 8.50 €
384 pages – 22 €

Parution : en 2018 chez Agullo Éditions, paru en poche Folio Policier en février 2020.

Le style, le genre : officiellement c’est un roman policier  puisqu’il a été édité par Agullo Noir puis Folio Policier, en fait c’est plutôt un roman d’espionnage, la DGSE étant au centre de l’intrigue. Mais roman d’espionnage ça ne se dit plus trop et c’est moins à la mode en tant que genre. La particularité de ce texte c’est qu’il s’articule autour de faits réels, les événements politiques et géopolitiques sont sa matière première.

L’auteur : Frédéric Paulin est né en 1972. Après des études de science politique (doctorat) il devient journaliste indépendant puis professeur d’histoire et géographie en collège et lycée. Il est aussi le fondateur du journal satirique rennais Le Clébard à sa mémère. Il publie son premier roman en 2009 aux éditions Les PerséidesLa grande déglingue. La guerre est une ruse est le premier volume d’une trilogie, viennent ensuite Les prémices de la chute et La fabrique de la terreur. Pour La guerre est une ruse il reçoit l’Étoile du polar Le Parisien 2018, le Grand Prix du roman noir du festival du film policier de Beaune 2019 et le Prix des lecteurs Quais du polar 2019. Il a publié également du théâtre et un polar qui me touche particulièrement La peste soit des mangeurs de viande (2017) où il pose le problème éthique et politique des 3 millions d’animaux tués quotidiennement en France pour être consommés.

Les lieux : Algérie, Paris, Lyon.

L’histoire : Algérie, 1992. Après l’annulation des élections remportées par le Front islamique du salut, une poignée de généraux, les « janviéristes », ont pris le pouvoir. L’état d’urgence est déclaré, les islamistes pourchassés ont pris les armes. Le pays sombre dans une violence sans précédent… Tedj Benlazar, agent de la DGSE, suit de près les agissements du tout-puissant Département du renseignement militaire, le sinistre DRS qui tire toutes sortes de ficelles dans l’ombre. Alors qu’il assiste à l’interrogatoire musclé d’un terroriste, Tedj apprend l’existence de camps de concentration où les islamistes seraient parqués dans des conditions inhumaines. En fouinant plus avant, il met au jour des liens contre-nature entre le DRS et les combattants du GIA. Quel jeu jouent donc les services secrets avec les terroristes ? Les massacres quotidiens sont-ils l’œuvre des uns ou des autres ? Ou d’une instrumentalisation diabolique des seconds par les premiers ? Benlazar acquiert la certitude que les généraux sont prêts à tout pour se maintenir au pouvoir. Et la dernière phase de leur plan va commencer : exporter le chaos par-delà la Méditerranée, pour forcer la France à soutenir leur croisade anti-terroriste. Tedj parviendra‑t‑il à réunir assez de preuves pour convaincre sa hiérarchie avant que l’horreur ne s’invite à Paris ? (Texte Agullo).

Mon avis : c’est un roman très efficace, très documenté, on sent la patte de l’expert en science politique qui a su construire un roman qui nous fasse comprendre les enjeux des années 90. Le réel est partout, les plus anciens d’entre nous vont revoir les images de ce pilote qui s’échappe en se laissant tomber de son cockpit sur le tarmac de l’aéroport de Marseille lors de la prise d’otage à bord d’un avion d’Air France Alger-Paris en décembre 1994. Ou bien les noms de Khaled Kelkal et de Boualem Bensaïd qui échouent dans leur tentative de pose de bombe à bord d’un TGV mais qui la réussissent dans le RER B à Saint Michel en 1995. Le GIA, le FIS, la DRS, etc.

Bon je sens que je vais en perdre quelques-uns… en effet ce n’était pas forcément le bon moment pour le lire en ces temps de terrorisme islamique même si les horreurs qu’ont vécu les Algériens sont sans commune mesure avec ce que nous subissons. Les exécutions sommaires, les tortures, les emprisonnements illicites, la terreur des femmes qui ne se soumettent pas, les explosions  deviennent leur quotidien.

Ma réticence sur le moment mal choisi de ma lecture ne doit pas minimiser la qualité de l’écriture et de la trame romanesque. Vous découvrirez petit à petit les fêlures de Tedj Benlazar, l’agent français de la DGSE d’origine algérienne qui mène la danse, la cellule Défense de l’ambassade de France et ses relations avec les états-majors et les politiques à Paris qui sont bien délicates et les manœuvres politiques de l’armée algérienne pour obtenir le pouvoir.

Pour résumer : je le recommande vivement si vous aimez l’imbrication des évènements réels dans la fiction et si ce thème Algérie/France vous intéresse.

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  1. Woww
    Nice DP
    Butifull
    🙏

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