L’embuscade de Émilie GUILLAUMIN

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l'embuscade émilie guillauminParution : en septembre 2021 dans les éditions Harper Collins collection Traversée.

Grand format : 293 pages – 17 €      sortie en poche à surveiller à partir de l’automne 2022.

Le style, le genre : roman de combat dans tous les sens du terme, style percutant et doux à la fois.

L’auteure : après des études de lettres à la Sorbonne et de criminologie à New York, Émilie Guillaumin a passé deux ans au sein de l’armée de terre française, aventure dont elle a tiré Féminine (Fayard, 2016), elle y racontait les réflexions d’une jeune femme ballottée entre le souhait de devenir militaire et la réalité de l’environnement dans un univers majoritairement masculin. L’Embuscade est son deuxième roman.emilie guillaumin l'embuscade

Les lieux : Syrie, sud-ouest de la France, Paris.

L’histoire : Nuit d’août. Dans la chambre flotte le parfum de Cédric. Un mois et demi que ce soldat des forces spéciales est en mission, c’est un adjudant de trente-cinq ans, un soldat d’élite qui appartient au 13e RDP, le 13e Régiment de Dragons Parachutistes, régiment de forces spéciales situé près de Bordeaux. Un mois et demi que Clémence attend son retour avec leurs trois garçons. Au petit matin, une délégation militaire sonne à la porte. L’adjudant Cédric Delmas est tombé dans une embuscade avec cinq de ses camarades. Aux côtés d’autres femmes, épouses de soldats elles aussi, Clémence se retrouve malgré elle plongée dans la guerre secrète menée par la France au Levant. Avec ces questions lancinantes : que s’est-il réellement passé lors de l’attaque ? Et pourquoi l’armée garde-t-elle le mystère ? La Grande Muette porte bien son nom.

Émilie Guillaumin dans le blog de Philippe Poisson : L’Embuscade s’inspire de deux évènements qui ont eu lieu ces quinze dernières années. Il s’agit de l’embuscade d’Uzbin, en Afghanistan (2008) pendant laquelle dix soldats de l’armée française ont trouvé la mort, et la prise d’otage d’un agent de la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) du nom de Denis Alex, en Somalie (2013) par des shebabs. Voilà pour le cadre militaire. Pour ce qui est de la genèse du roman, du point de vue de l’intime, à l’origine il y a une rencontre avec une femme, une veuve de soldat. Avant de la rencontrer, je ne projetais pas forcément d’écrire sur ces femmes, mais sa force de caractère, son courage et l’amour et l’admiration qu’elle portait à son mari m’ont convaincu de la matière romanesque qu’elle constituait. Alors j’ai rencontré d’autres femmes comme elles. J’ai découvert des héroïnes.

Mon avis : c’est un roman surprenant, car si le sujet évoqué est très présent dans nos mémoires collectives, sous forme de visages au journal TV à chaque fois qu’un soldat français tombe en Syrie, en Irak ou au Mali (125 militaires sont morts en opérations extérieures depuis 10 ans), en existe-t-il un autre sur ce thème ??? Ici un soldat est chargé de faire du renseignement sur le terrain, des missions qui ont toujours lieu avant les opérations militaires, il disparaît on ne retrouve pas son corps.

C’est alors l’envers du décor qui nous est raconté là, qu’ y a-t-il derrière ces visages de jeunes hommes : des familles qui demandent des explications, qui veulent savoir.

Tout est réussi dans ce roman, l’écriture est très belle, le sujet est manifestement maîtrisé elle sait de quoi elle parle grâce à ses expériences dans l’armée (ce n’est pas autobiographique) , elle décrit l’obstination des familles à connaître la vérité au-delà de la figure du héros national que le soldat mort acquiert, elle nous embarque dans le flot de sentiments contradictoires que ressentent les différents personnages, les autres épouses, les amoureuses, les parents, personne ne réagit de la même façon.

Ses études de criminologie ont boosté sa façon d’écrire, on retrouve en effet un style à la fois vif, addictif et percutant qui se marie très bien à son sujet.

Tellement addictif que je suis devenue Clémence avec sa volonté, sa soif de comprendre, vous verrez c’est tellement bien écrit et mis en scène (idéal pour un film de cinéma !) que j’ai terminé ce livre à 2h30 du matin en me demandant si je n’allais pas retrouver ce visage de soldat dans la presse au petit matin !

Pour résumer : elle m’a embarquée, un gros coup de cœur !

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Marcorèle dit :

    Toujours en embuscade pour lire tes mots, chère Annie. 😀

Répondre à Marcorèle Annuler la réponse.

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