Parution : en 2018 dans les éditions du Cherche Midi, en 2019 dans la collection Grands Détectives de l’édition de poche 10/18. Traduction de l’anglais (États Unis) par Jean-Luc Piningre.
Broché : 21 € Poche : 502 pages – 9,50 €
Le style, le genre : roman policier historique (guerre mondiale 1939-1945).
L’auteur : Dan est né le 15 septembre 1955 à Charlotte, en Caroline du Nord (États-Unis). Après un cursus universitaire dans son État, il devient journaliste, successivement aux Fayetteville Times, Durham Morning Herald, Charlotte News, Miami Herald et enfin au Baltimore Sun. Reporter de guerre dans ce dernier journal il fait le tour du monde des conflits armés et prend de l’expérience pour ses futurs romans. Il est l’auteur de nombreux livres pas tous traduits en français (Le Fils du seigneur de la guerre et Mort à Sarajevo par exemple. J’ai déjà lu Non officiel qui m’avait beaucoup plu.
Les lieux : New York, 1942.
L’histoire : 9 février 1942. Dès son arrivée à New York, Woodrow Cain, un jeune flic du sud des États-Unis, est accueilli par les flammes qui s’échappent du paquebot Normandie, en train de sombrer dans l’Hudson. C’est au bord de ce même fleuve que va le mener sa première enquête, après la découverte d’un cadavre sur les docks, tenus par la mafia. Là, il fait la connaissance d’un écrivain public, Danziger, obsédé par les migrants qui arrivent d’une Europe à feu et à sang, ces fantômes au passé déchiré et à l’avenir incertain. Celui-ci va orienter Cain vers Germantown, le quartier allemand, où, dans l’ombre, sévissent les sympathisants nazis. Alors que le pays marche vers la guerre, la ville est en proie à une paranoïa croissante. Et les meurtres continuent…
Mon avis : un très bon roman sur une histoire méconnue de la seconde guerre mondiale tout juste avant l’entrée en guerre des États-Unis. L’événement qu’a utilisé Fesperman pour débuter son roman c’est l’incendie, le 9 février 1942, dans le port de New York du paquebot français le Normandie, attentat ou accident telle est la question que je laisse en suspens. A la fois polar social avec la description des conditions de vie des émigrés allemands, italiens et/ou juifs, polar noir avec la plongée dans la pègre new-yorkaise et dans la mouvance des activistes nazis, puis collusion entre police, justice, mafia et nazis. Il y a de la matière pour construire un roman foisonnant, vous ne devrez pas laisser trop de temps entre chaque temps de lecture, au risque d’être perdu(e) dans les personnages et les temporalités. Très grosse documentation réunie qui permet de croiser nombre de personnages réels, Lucky Luciano, Albert Anastasia, Meyer Lansksy ou encore Arnold Rothstein pour la pègre. C’est aussi l’occasion de saisir l’importance du mépris des Nordistes sur les Américains des États du sud. Cain en fait l’expérience.
Le dynamisme du récit repose sur sa forme, avec une alternance de chapitres, tantôt on suit les réflexions et le suivi de l’enquête de l’inspecteur Cain, tantôt c’est Danziger, l’écrivain public, qui donne l’impression de mener la danse !
Pour résumer : c’est un bon polar et même un peu plus que cela. Je le recommande.
