L’âge expérimental de Erri de LUCA (et Inès de la FRESSANGE)

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Parution : en mai 2026 dans les éditions Gallimard. Traduction de l’italien par Danièle Valin.

Broché : 125 pages – 19

Le style, le genre : discussions poétiques et introspectives entre Erri et Erri, et entre Erri et Inès par l’intermédiaire de relations épistolaires sur l’arrivée et la gestion physique et mentale de la vieillesse.

Les lieux : le territoire de la vieillesse.

Les auteurs : Enrico De Luca est né le 20 mai 1950 à Naples, il connaît une enfance pauvre et pas très heureuse. A l’adolescence il devient communiste, puis anarchiste, ensuite il milite dans un mouvement d’extrême gauche. Après ses études secondaires il sera ouvrier pendant dix-huit ans. Et pendant tout ce temps il se lève très tôt et commence à écrire. Son premier roman Non ora, non qui paraît en 1989, en 1992 en France sous le titre Une fois, un jour, dans les éditions Verdier. Il est journaliste, poète et traducteur. Il a obtenu en 2002 le prix Femina étranger pour son livre Montedidio et le Prix européen de littérature en 2013 ainsi que le Prix Ulysse pour l’ensemble de son œuvre. Je vous recommande de suivre ce lien pour en apprendre beaucoup plus sur cet écrivain. Quelques-unes de ses œuvres publiées par Rivages ou Gallimard : Acide, Arc-en-ciel, Le jour avant le bonheur et Le poids du papillon.

Inès de la Fressange est née le 11 août 1957 à Gassin dans le Var. Elle est connue pour ses activités de mannequin dans les années 1980, égérie de Chanel, styliste de mode, de bijoux et de parfums, femme d’affaires et journaliste de mode pour le magazine Marie Claire.

Le thème : « J’ai l’ étrange sensation que personne n’a été vieux avant moi. La vieillesse de ceux qui m’ont précédé ne me sert pas de modèle et ne me prépare à rien. Lorsqu’elle arrive, c’est la première fois pour le corps de chacun. »

Jamais une génération n’avait atteint un âge avancé en aussi grand nombre et dans un état aussi actif, constate Erri De Luca. La vieillesse devient aujourd’hui un territoire inédit, un âge encore largement à inventer, qui ne se réduit pas à un temps de repli ou de contemplation nostalgique. Elle ouvre au contraire un espace de découverte, offre une occasion de porter un regard neuf sur soi-même et sur les autres, d’entraîner son corps et son esprit avec plus de conscience, et peut-être avec plus de plaisir. Le contrepoint d’Ines de la Fressange, sensible et amical, vient enrichir cette réflexion d’une dimension nouvelle. Sa voix complice dialogue avec celle d’Erri De Luca et donne chair à l’exploration de cet « âge expérimental », vécu non comme un crépuscule, mais comme un moment de transmission, d’élan et de réinvention.

Mon avis : je suis très embêtée. J’ai écouté avec énormément d’intérêt les différentes interviews radio ou télé de Erri de Luca et j’attendais beaucoup de ce petit livre, seulement 125 pages, et j’ai été déçue. Dix jours après l’avoir terminé il ne m’en reste pas grand-chose. Il arrive parfois que tout est dit, peut-être trop, dans les médias, et il ne reste plus beaucoup de réflexions à découvrir. Attention cela ne veut pas dire que ce livre est à laisser de côté, l’intelligence et le talent littéraire d’Eri illuminant les pages. La phrase citée dans le chapitre « le thème » est tout à fait vraie, rien ne prépare à ce début de fin de vie. A 73 ans il décide que tout est possible, en reprenant l’escalade de roches sans corde, sans harnais ni mousquetons.

« On sait que les vieux dorment peu. Je pense que c’est parce qu’ils ne se fatiguent pas assez physiquement. Ils se traitent avec les égards dus à un convalescent. Moi au contraire, je fatigue mon corps et je dors profondément et longtemps. »

« Dans le passé, j’ai parfois renoncé à des occasions de plaisir. Elles impliquaient mon adhésion, une sorte d’inscription à une excursion, à une soirée. Elles demandaient un enthousiasme préalable. Aujourd’hui, je ne renonce à aucun plaisir. A la différence d’avant, je l’accueille plus posément, sans m’agiter. Je ne le savoure pas comme un reste réchauffé du lendemain, mais au contraire comme une primeur de saison difficile à se procurer. Le vin, par exemple, s’est concentré en quelques gorgées. Auparavant, il montait dans ma gorge et proposait une chanson, maintenant il descend dans mes pieds et les endort. »

Je n’ai pas bien compris l’apport d’Inès, qui nous explique que tout change au fur et à mesure de la vie qui s’écoule, la relation aux autres et à soi-même, la sagesse qui s’affine, bref une sensation de « pensée positive ». Comme disait ma grand-mère ça ne peut pas faire de mal !

Pour résumer : je le conseille tout de même si vous avez raté ses passages médias, et si vous appréciez l’écrivain depuis toujours, quelques beaux moments de vie et de sagesse. Je suis à peu près persuadée, en ce qui me concerne, que ce livre demandera une deuxième lecture.

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